Christophe Vachaudez
13 May 2026
Comme de nombreux souverains de son époque, il avait coutume de distribuer des cadeaux, afin de marquer son estime ou son affection ou de remercier dignitaires et militaires pour services rendus. Certaines de ces distinctions insignes sont aujourd’hui conservées dans des musées, d’autres sont passées de génération en génération avant d’apparaître sur le marché comme cette tabatière en or au décor de motifs floraux, rubans et perles, timbrée du chiffre royal couronné sur fond d’émail bleu. Plus raffinée encore, une bourse rectangulaire en or, doublée de soie rouge dont le couvercle s’orne d’un portrait du roi cerclé de rubis. De part et d’autre de l’effigie peinte sur porcelaine, deux sirènes en émail à la queue en turquoises, des rubans et des feuillages complètent la décoration qui se poursuit à l’intérieur avec les grandes armes du royaume de Bavière.
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Beaucoup plus élaboré, le chiffre du roi Louis II, entièrement endiamanté, orne un médaillon en émail bleu rehaussé d’une couronne sertie d’émeraudes, de saphirs, de rubis et de diamants taille rose. Il fait revivre ce souverain de conte de fées qui régna de 1864 à sa mort tragique en 1886. Amoureux d’opéra, de littérature romantique et de légendes médiévales, il fit construire des châteaux de légende et fut le principal mécène de Richard Wagner. Comme son amie proche et lointaine cousine, l’impératrice Élisabeth, il montrait une hypersensibilité maladive et menait une vie considérée comme atypique pour un souverain de l’époque. Très généreux avec son entourage proche, il offrait montres de gousset, objets décoratifs, bijoux et boîtes à priser.
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Une tabatière en or présentant un riche décor de volutes et de feuillages rehaussés de diamants montre aussi le chiffre élaboré du monarque, sans doute l’une des pièces maîtresses de cette vente. Autre bel exemple de cadeau royal, une montre-pendentif circulaire qui doit son intérêt au boîtier en émail guilloché bleu cobalt, timbré d’un portrait miniature de Louis II, avec son nom serti de diamants taille rose. Quant au revers, il est paré d’une fleur de lys endiamantée qui révèle, en s’ouvrant, un mouvement à remontage manuel, un cadran en émail blanc, des chiffres romains en émail noir, des aiguilles en or finement ouvragées et une petite seconde.
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Louis-Philippe (1773-1850), roi des Français, n’était pas en reste, commandant chez les plus grands orfèvres du temps tabatières monogrammées et autres objets précieux qu’il distribuait avec générosité. Celle qui nous occupe fut réalisée par Alexandre Raoul Morel et figure les lettres LP couronnées sur fond guilloché. Le souverain de la monarchie de Juillet mourut en exil en Grande-Bretagne après avoir été déposé lors de la révolution de 1848.
Chez Sotheby’s, les bijoux sont à l’honneur et un somptueux collier de style Art déco retenant 13 émeraudes poire totalisant 358,87 carats ne laisse pas d’intriguer. Selon la notice, il proviendrait d’une famille royale. Autrefois attribué à Mauboussin, il était déjà passé aux enchères voici bien longtemps mais le mystère reste entier. Toutefois, on peut penser qu’il pourrait avoir appartenu à une princesse égyptienne. Établir l’histoire d’un bijou relève parfois d’une enquête digne de celle d’un détective mais bien des énigmes ont été résolues et celle-là ne manquera pas de susciter la curiosité des Hercule Poirot en herbe !
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