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Dans la Cour des Grands : Baudouin aurait eu 90 ans

Dans la Cour des Grands

Thomas de Bergeyck

16 September 2020

© Photo News

[caption id="attachment_24592" align="alignnone" width=""]Le roi Baudouin et un balayeur de rue[/caption]Et si le destin de toute une nation ne tenait qu'à un cœur ? Fragile, certes, comme le fut celui de Baudouin Premier. Si ce cœur n'avait flanché, au soleil couchant de Motril, en ce 31 juillet 1993, peut-être notre royaume serait-il resté celui du roi tranquille.

Nous l'imaginons aisément aujourd'hui, en 2020, portant, longiligne, du bout d'une canne d'ivoire ses 90 ans, fier qu'il aurait été de dépasser en durée de règne sa consœur Elizabeth II. Baudouin, homme tranquille face aux soubresauts de notre démocratie, capable d'autorité lorsqu'il le fallait. Son épouse la reine Fabiola ne disait-elle pas de lui qu'il était « un faux doux » ?

Ce souverain nonagénaire aurait sans doute, comme nous tous, pesté face aux mesures sanitaires, mais se résignant à les respecter. Son masque aurait été assorti à sa tenue militaire, kaki, rehaussé d'un liseré couleur pourpre. Baudouin, en ce mois de septembre, aurait fêté ses 90 ans, entouré de sa famille. Imaginons la scène, dans les jardins du château de Laeken. Une immense table nappée de blanc, couverte de fleurs comme les aimait Fabiola. On y offrirait le goûter à tous les enfants de la famille : les plus grands, chez Astrid, mais aussi les jumeaux du prince Laurent avec Louise et bien sûr les quatre enfants de l'héritier du trône, le prince Philippe et la princesse Mathilde, plus que jamais prêts à régner.

Le roi Baudouin et la reine Fabiola de Belgique prennent le thé
© Didier Lebrun/Photo News

90 ans dont 70 au service de la Belgique. En dépit du covid, la nation offrirait à son souverain un jubilé digne de ce nom. Un défilé militaire hors du commun, suivi d'une réception pour tous les dignitaires du pays et une sélection de Belges qui, comme lui, célèbrent nonante Printemps. En point d'orgue, un défilé sur la Senne de dizaines de navires représentant toutes les nations de la nouvelle Europe. Le soir, le roi Baudouin s'installerait sur une estrade au palais de Bruxelles, aménagée tout spécialement pour l'événement dans les parterres, à l'avant. Il y aurait là son frère, Albert, sa belle-sœur Paola et tous ses neveux et petits-neveux. Le public, masqué et distant, serait tout de même venu s'asseoir sur l'esplanade pour assister à un feu d'artifice son et lumière. On y entendrait des bouts d'histoire : son serment de 1951, des extraits de discours. On y verrait ses rencontres, des images d'actualité résumant son règne : l'expo universelle ; sa renonciation face à l'avortement ; les crises politiques ; les tueurs du Brabant ; la belle histoire du manteau offert à une pauvre rescapée des inondations d'Esneux en 84. Le tout sur fond de classique, passion partagée par le couple. Avec un hommage tout particulier à notre Nini nationale, Annie Cordy, de deux ans son ainée.
Baudouin aurait eu 90 ans, en ce mois de septembre, dans une Belgique que l'on aurait aimé plus joyeuse.


 

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