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Thomas de Bergeyck

01 February 2024

Comment on fait lorsqu’on est issu d’une famille aussi iconique que les Grimaldi ? Le quotidien peut-il être “normal” ? Je me souviens avoir croisé, il y a quelques années, Charlotte et Dimitri dans les ruelles du minuscule Rocher de Monaco. Ils allaient, simplement, déposer leur enfant à la crèche. Ce que font tous les couples, mais eux avaient un photographe en embuscade derrière le coin de la maison qui attendait leur petit Balthazar, un an à l’époque.

© Photo News

Ces deux-là avaient tout pour eux. Elle, une beauté irradiante, un pedigree incroyable et surtout, une tête bien pleine. Charlotte est philosophe, elle donne des conférences et s’investit dans le monde de la mode. Lui, le fils d’une actrice brillante, Carole Bouquet, et d’un producteur talentueux, Jean-Pierre Rassam, neveu de Claude Berri, devenu à son tour producteur. Ils avaient l’argent, le talent et la gloire. Et surtout, un bel avenir.

© Coadic Guirec-Dominique Jacovides/Bestimage

Mais voilà : tout a cassé. Charlotte semble en avoir eu assez de l’absence de Dimitri, absorbé qu’il est par son travail de producteur. Dans son bureau, qu’il qualifie lui-même de “salle de jeu”, il expliquait récemment qu’il se comportait avec ses films comme un sportif après un match : à analyser le succès, les chiffres de fréquentation dans les salles, le comportement des spectateurs. Ses dernières productions ont été un succès : les Trois mousquetaires, dont la deuxième partie, Milady vient de sortir. On pense aussi au Prénom ou au film d’animation Le Petit Prince. Pour lui, « ambition est un mot noble » disait-il à la presse écrite tout récemment. Dimitri Rassam, il est vrai, a le vent en poupe et sa réussite le galvanise. Selon Voici, il était fort absent ces derniers temps et une dispute en particulier, plus forte que les autres, a été le déclencheur d’une crise plus aigüe, qui a fini par avoir eu raison de la patience de Charlotte.

Charlotte Casiraghi et son fils Balthazar au balcon du palais de Monaco © Photo News

Cette rupture, après cinq ans de mariage et huit ans de relation, convoque en moi des sentiments partagés. Comment gérer les ambitions croisées d’un couple dans lequel chacun, à sa manière, brille ? Peut-on partager ces talents ? Tirer la couverture sans faire de l’ombre ? Lorsque l’un traverse les succès, comment peut-il parvenir à associer l’autre ? Cette rupture m’attriste, parce qu’elle révèle les limites de l’amour. Il semble bien que l’on puisse porter ombrage de la réussite de l’autre. C’est d’autant plus compliqué lorsqu’il y a un petit être au centre du jeu : Balthazar, le fils Charlotte et Dimitri. Mon cœur de papa voit rouge. Je tente de me projeter, de réfléchir à ce que moi j’aurais pu offrir ou envisager pour éviter tel naufrage. Je me résous à penser que le choix que l’on fait est toujours le bon, s’il est suffisamment muri. Et de toute façon, que sait-on de la réalité de ce couple qui scintille sous les projecteurs ? Qui suis-je pour gloser ? Charlotte et Dimitri continueront à nous faire rêver. Surtout, ils ont pour eux ce petit homme qui les relie à jamais. Le plus précieux cadeau d’une vie.

Photo de couverture : © Photo News

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