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Victor Gastou : Retour vers le futur

Déco-designDesignGalerie

Éric Jansen

22 October 2025

Victor Gastou

Tout a commencé par une vitrine qui fit scandale. Lorsqu’Yves Gastou décide d’avoir sa galerie à Saint-Germain-des-Prés, il en confie la façade à Ettore Sottsass qui transforme l’exercice en manifeste…

Table basse d’Ado Chale, 1983. © Edouard Auffray

Guéridon de Philippe Hiquily, ca. 1970. © Edouard Auffray

Émoi dans le quartier et intervention du ministre de la Culture de l’époque, Jack Lang, pour calmer les esprits. Quarante ans plus tard, c’est à peine si le passant remarque cette vitrine en terrazzo noir et blanc. En revanche, elle est devenue emblématique de l’esprit qui souffle à l’intérieur. Yves Gastou avait fait ses classes aux Puces, il y avait connu les joies de la chine et de l’éclectisme. Tout ou presque l’enthousiasmait : dans sa galerie, il faisait dialoguer André Arbus, Gilbert Poillerat, Jacques Adnet et Marc du Plantier avec Ado Chale, Paul Evans, Gio Ponti ou Carlo Mollino. Et au fil des années, il rajeunissait ses coups de coeur avec des créateurs contemporains comme André Dubreuil, Shiro Kuramata ou encore Ron Arad.

Paire de colonnes lumineuses de César et Jean-Claude Farhi, 1970. © Edouard Auffray

Cabinet Cléone Spinoza d’Alessandro Mendini, 1993. © Edouard Auffray

En 2009, son fils Victor le rejoignait et ensemble, ils élargirent plus encore leur champ d’investigation, offrant leur espace à des designers pointus comme Emmanuel JonckersGerard Kuijpers et Béatrice Serre. Follement sympathique avec son rire tonitruant et son accent du Sud-Ouest, Yves Gastou disparaissait, hélas, en mars 2020, à l’âge de 72 ans, laissant un grand vide. Courageusement, Victor a pris la relève et poursuit l’aventure. S’il aime, comme son père, les grands noms des arts décoratifs français du XXe siècle, il continue d’accompagner les talents d’aujourd’hui : Agnès DebizetHarumi Klossowska de RolaQuentin VuongOmar Chakil… Pour célébrer les quarante ans de la galerie, il a voulu une exposition qui reflète ce mélange : des commandes spéciales passées auprès de Béatrice Serre, Agnès Debizet et Emmanuel Jonckers voisinent avec des pièces historiques d’Ettore Sottsass, Alessandro Mendini, Ado Chale et André Dubreuil. Le “goût Gastou”, en somme.

Photo de couverture : Victor Gastou © Edouard Auffray

Maredsous vibre... nunc et semper !

Musique

Les 28 et 29 août, l’abbaye bénédictine de Maredsous, à Denée, a accueilli le premier Maredsous Sound Festival, deux journées de concerts et de liturgie conçues pour la jeunesse. Un pari un peu dingue qui a rassemblé plus de 9 000 personnes sur le parvis de l’abbaye dans une ambiance de paix et de partage autour d’une star internationale de la musique techno : le prêtre Padre Guilherme. On en oublierait presque qu’il y a moins d’un an, la communauté monastique se retrouvait dos au mur avec un chantier de 2,5 millions à financer pour sauver ses murs. Le succès du tour de force de cette première édition est incontestable.

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