Solange Berger

05 April 2022

Véranda de verre © DR

Véranda de verre © DR

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S’il n’existe pas de définition précise de ce qu’est une véranda bioclimatique ou écologique, on peut se référer à la définition d’une construction bioclimatique. Il s’agit d’un ensemble de techniques de construction simples ayant pour but de chauffer, ventiler et rafraîchir l’intérieur d’un bâti de la manière la plus naturelle possible. Elle se veut à la fois économique et écologique.

La construction se fait d’abord en fonction de son implantation, afin de tirer profit des caractéristiques naturelles – lumière, chaleur… –, mais aussi de se prémunir contre les contraintes – pluie, gel, fortes chaleurs… Des spécialistes estiment que pour obtenir une véranda à l’efficacité optimale, mieux vaut opter pour un modèle de 20m² minimum, orienté de préférence au sud.

Une architecture bioclimatique implique aussi des matériaux durables à faible empreinte écologique et un chantier responsable qui doit être le moins polluant possible, en sollicitant entre autres des filières locales de réutilisation et de recyclage.

Véranda de verre © DR

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Tout en verre

Une véranda bioclimatique est, en principe, construite totalement en verre. Cela lui permet de capter la chaleur solaire tout au long de la journée, de la conserver et de la redistribuer progressivement aux autres pièces de l’habitation. Il devient alors inutile d’y placer un chauffage, car en toute saison ce sont les rayons du soleil qui vont chauffer la véranda et les autres pièces de l’habitation. De quoi réaliser des économies d’énergie importantes.

Le choix du vitrage constitue un point primordial. Les spécialistes conseillent d’opter pour du double vitrage. Selon les régions et l’exposition, il est possible aussi d’installer du vitrage à contrôle solaire renforcé, très intéressant notamment pour une toiture en contact direct avec les rayons du soleil. « Il faudra dans tous les cas que le vitrage soit parfaitement adapté aux contraintes de la région, pour coller au plus près du concept de bioclimatisme », conseille un spécialiste.

« Pour être vraiment rentable, une véranda écologique doit impérativement disposer de la plus grande surface vitrée possible, pour capter un maximum de rayons solaires ; être attenante à un mur résistant pour stocker la chaleur et la redistribuer progressivement ; et être équipée d’un bon système de ventilation afin de redistribuer correctement la chaleur récupérée durant la journée aux autres pièces de l’habitation », note un professionnel.

MY Wood Cab

© MY Wood Cab

Isolation thermique et acoustique

L’isolation thermique et acoustique est un point essentiel pour assurer un confort d’utilisation, une sobriété d’usage et des économies d’énergie. « Le bois est très intéressant pour ses qualités d’isolation et de robustesse, avance un spécialiste. De même, il est conseillé d’avoir des châssis à rupture de pont thermique pour les vérandas en aluminium ou en mix aluminium et bois. »

Une architecture bioclimatique aura en outre pour objectif d’assurer la santé de ses usagers. « La circulation de l’air est primordiale et permet de conserver une bonne qualité d’air ambiant à l’intérieur, d’évacuer l’humidité et les polluants divers », ajoute un spécialiste. Une véranda bioclimatique doit donc disposer d’un système de ventilation passif intégré à sa structure.

Quels sont ses avantages clés ? Elle offre notamment la garantie d’un véritable confort de vie au quotidien, au cœur des hivers les plus froids comme des étés les plus chauds. Grâce à sa bonne isolation, mais aussi grâce à l’ensoleillement maîtrisé, il est possible de réaliser d’importantes économies de chauffage, d’électricité ou de climatisation. De quoi minimiser son impact sur l’environnement.

Un pool house en bois Back to Wood

© Back to Wood

Des zones tampons

« Ce qui est essentiel dans ce type de construction, c’est de gérer l’apport du soleil », note l’architecte Arthur Dumont de Chassart, qui conseille dans nos régions d’opter pour une orientation sud pour profiter au mieux de la chaleur. « Pour l’été, s’il fait très chaud, il faut prévoir un pare-soleil afin d’éviter les trop fortes températures. Mais cette protection doit se situer à l’extérieur de la véranda. Si elle est à l’intérieur, même placée contre la vitre, la chaleur va entrer. On peut aussi prévoir quelques plantes d’intérieur pour absorber la chaleur. En outre, il faut veiller à une bonne ventilation. »

En hiver, le risque est inverse. « Il faut savoir qu’un vitrage, même double, est beaucoup moins isolant qu’un mur plein. De l’ordre de dix fois moins. Avec du triple vitrage, on peut se rapprocher d’une isolation semblable à celle d’un mur, surtout s’il l’on met du gaz entre les couches. Mais cela reste cher, lourd et moins esthétique. »

L’architecte évoque l’importance des surfaces vitrées comme tampons, telles qu’utilisées par le bureau français Lacaton et Vassal. « Ils ont, par exemple, ajouté dans des barres d’immeubles des sortes de balcons vérandas qui créent une zone tampon entre l’intérieur et l’extérieur. L’habitant peut – ou pas – ouvrir les portes entre l’appartement et le balcon, pour y faire entrer la chaleur ou s’en protéger ». D’autres architectes ont appliqué ce principe à des villas. Cela permet de bénéficier de la chaleur solaire toute l’année et de réaliser des économies d’énergie en hiver », poursuit l’architecte.

Véranda de verre © DR

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Des constructions aux multiples usages

Arthur Dumont de Chassart s’est lancé dans un projet de cubes en bois qui trouvent leur place dans le jardin pour différentes utilisations : bureau, salle de gym, pool house… Les cubes sont réalisés entièrement en bois et sont démontables. Les surfaces proposées vont de 5 à 20 m². « Une partie de la paroi est creuse pour pouvoir y intégrer la partie technique (eau, électricité…). On peut aussi y placer des panneaux solaires pour que le bâtiment soit autonome d’un point de vue électrique. »

Le bois a la cote pour ce type de construction, car il permet une meilleure intégration à l’environnement. « Les gens sont sensibles aux questions environnementales. Alors qu’avant, on coulait nécessairement une dalle en béton pour les fondations, aujourd’hui on travaille de plus en plus avec un système de vis en métal galvanisé qu’on enfonce dans le sol et sur lesquelles on vient poser la construction. C’est tout aussi solide, avec un caractère moins définitif. Il n’y aura pas toute une dalle à casser si l’on décide un jour de supprimer la construction », souligne un fabricant d’édifices en bois pour usages multiples.

Il faut dire que le pool house est souvent bien plus que cela. « Les gens y installent une petite cuisine, un poêle… On peut prévoir des constructions ouvertes sur trois ou quatre côtés, la partie fermée étant réservée à un endroit pour se changer ou pour abriter la machinerie de la piscine. Avec le Covid-19 et suite aux confinements, les Belges ont envie de se faire plaisir, note encore le fabricant. Ces bâtiments sont parfois luxueux. Avec des toitures à deux ou quatre pans le plus souvent, et non des toitures plates. Pour le toit, les clients choisissent volontiers des bardeaux de cèdre. » De quoi donner une gueule folle au bâtiment.

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