Le Tapis de Fleurs doit son existence à l’architecte paysagiste flamand Étienne Stautemas — 1927-1998 —, passionné de bégonias, qui imagine le premier tapis en 1971 sur le thème des arabesques ornementales. L’idée germe un an plus tôt, quand deux échevins bruxellois découvrent un tapis de fleurs à Audenarde, en Flandre orientale. Les tout premiers tapis belges remontent à 1952, à Knokke, Audenarde et Saint-Nicolas. Le projet bruxellois voit le jour grâce à une collaboration entre l’association de commerçants « Les Francs-Bourgeois » et l’AVBS, la fédération professionnelle des horticulteurs et pépiniéristes belges, que préside alors Stautemas lui-même.
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Depuis, l’événement s’est imposé comme un rendez-vous biennal du calendrier culturel bruxellois, organisé autour du week-end du 15 août, au moment où débute la floraison des bégonias. La tradition a connu une interruption de quatre années à la suite de la pandémie de Covid-19, avant de reprendre en 2022 pour célébrer, dans un clin d’œil au tout premier tapis, ses cinquante ans. L’édition 2026 marque la 24e réalisation de ce patrimoine culturel immatériel reconnu par la Région bruxelloise.
Le tapis recouvre une surface de 1 680 m², soit 70 mètres de long sur 24 de large, installée devant l’Hôtel de Ville, sur les pavés de la Grand-Place, inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1998. Sa composition réclame environ 300 fleurs par mètre carré, soit plusieurs centaines de milliers de bégonias ou de dahlias, jusqu’à un million de fleurs selon les éditions, complétées de gazon et d’autres matériaux naturels comme l’écorce. Longtemps dominé par le bégonia, dont la Belgique assure 80 % de la production mondiale, concentrée près de Gand, le tapis intègre aujourd’hui aussi des dahlias, voire des chrysanthèmes, selon les disponibilités et le rendu recherché.
L’assemblage tient de la prouesse logistique. Une centaine de bénévoles, réunis dès l’aube, donnent vie au motif en quatre à huit heures, à partir d’un dessin grandeur nature reporté sur une feuille plastique transparente et microperforée posée sur les pavés. Le thème se choisit environ deux ans à l’avance, selon des critères liés à l’histoire de Bruxelles, à son rayonnement européen et international ou à la mise à l’honneur d’un pays partenaire, comme le Japon ou le Mexique — Guanajuato — par le passé. L’accès reste gratuit pendant toute la durée de l’événement, généralement quatre jours et quatre nuits, et attire entre 150 000 et 200 000 visiteurs à chaque édition.
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L’ASBL « Tapis de Fleurs de Bruxelles », dirigée notamment par Richard Poncin et présidée par l’échevine bruxelloise en charge de la Culture et du Tourisme, orchestre la création avec un comité de fleuristes, illustrateurs, paysagistes et designers, épaulé par une large communauté de bénévoles venus de toute la Belgique. Bruxelles a d’ailleurs exporté ce savoir-faire, avec plus de 180 réalisations de tapis de fleurs à travers le monde sous l’impulsion des mêmes créateurs.
L’édition 2026 du Tapis de Fleurs se tiendra du jeudi 13 au dimanche 16 août sur la Grand-Place, dans le cadre habituel de son cycle biennal. Cette 24e édition est placée sous le signe du dialogue entre la Belgique et le Japon, à l’occasion du 160e anniversaire des relations diplomatiques entre les deux pays. Le motif réinterprète La Grande Vague de Kanagawa, l’estampe emblématique d’Hokusai, composée pour l’occasion en plus de 500 000 dahlias.
La création du design a été confiée à l’artiste japonais Hiro Sugiyama et à son collectif Enlightenment, en collaboration avec l’illustratrice Océane Cornille selon certaines sources locales. Le tapis sera assemblé à la main par une équipe d’une centaine de bénévoles en quelques heures, sur les 1 680 m² habituels de la Grand-Place.
"La Grande Vague de Kanagawa" © Wiki Commons
Nouveauté de cette édition, un second tapis de fleurs s’installera simultanément à la Bourse de Bruxelles, sur un motif inspiré du houblon, symbole du patrimoine brassicole belge. Cette extension marque une évolution du format traditionnel, jusqu’ici limité à la seule Grand-Place. Le choix du Japon, dix ans après une précédente collaboration nippo-belge, souligne la portée diplomatique et symbolique qu’a prise cette tradition florale plus que cinquantenaire. L’ouverture d’un second site à la Bourse répond à une volonté d’élargir l’audience de l’événement et d’en renforcer l’attrait touristique.
Le Tapis de Fleurs 2026 se déploie du 13 au 16 août sur la Grand-Place, où l’accès est gratuit, ainsi qu’à la Bourse. Le tapis reste visible jour et nuit durant les quatre jours. Chaque soir, un spectacle de projection son et lumière anime la façade gothique de l’Hôtel de Ville, de 21 h à 23 h, toutes les demi-heures. Le balcon de l’Hôtel de Ville offre la meilleure vue plongeante sur la composition, mais son accès nécessite un billet payant à réserver à l’avance, les créneaux étant limités. L’avancement du montage peut aussi être suivi en direct et gratuitement via la webcam installée sur la Grand-Place.