Bernard Roisin
22 April 2026
Une renaissance pour un jardin au départ baroque après des années d’hibernation et de déshérence pour un lieu remarquable qui avait figuré au patrimoine exceptionnel de Wallonie de 1993 à 2009. Une remontée de sève due à l’action d’un homme, Ernest Tom Loumaye, gynécologue-obstétricien, qui a entreprit de réenchanter ce lieu et lui redonner la verdeur et la verdure d’une jeune pousse en 2017. Le temps long de la nature a fait son œuvre, et la noblesse de cet honnête homme est de ne pas se mettre en avant dans l’ouvrage ; et de citer Voltaire dans sa préface qui décrivant son jardin à Ferney parle « du peigné et du sauvage » ; et il est vrai que c’est ce qui frappe à la lecture de cet ouvrage, illustré de façon pétulante par de magnifiques photographies de l’auteur, c’est d’observer cette symbiose dans ce lieu ouvert au public dès 1930, entre jardin français, anglais et italien. « Annevoie est clairement un lieu où les styles se mélangent et où l’on retrouve un condensé de leurs principes » écrit Michel Fautsch ; et avec comme épine dorsale… l’eau… « Ses multiples jeux et tourbillonnements sont au centre de la conception et on parle d’ailleurs des « jardins d’eau d’Annevoie » » insiste l’auteur.
© DR
© DR
C’est que les jardins qui date du 18e siècle sont l’oeuvre d’abord de Charles-Alexis de Montpellier grand fontainier et maître des forges qui pullulaient à l’époque dans la région namuroise. Grâce au système ingénieux des vases communicants, celui qui découvrit les grandes eaux de Versailles (il y a aussi à Annevoie un grand canal), procéda à une véritable mise en scène de l’élément aquatique.
© DR
Cet autodidacte verra ses successeurs embellirent son projet initial de sculptures de pierre mais également sylvestres (au 19e on y plantera des mélèzes ou des symphorines blanches).
René Pechère, célèbre architecte de jardin belge, y concevra un jardin de fleurs en 1952, le sculpteur contemporain David Nash y installa une oeuvre il y a quelques années, et un vignoble, biologique depuis 2023, flanque désormais le domaine.
L’ouvrage qui illustre au fils des pages les quatre saisons se veut à la mesure de la beauté retrouvée du lieu, en détaille partie après partie les diverses terrasses, « qui offrent autant de points de vue que de perspectives » souligne le bioingénieur de formation, bosquets, cascades, potager et même un véritable bois.
Tout jardin historique, qu’il soit, le domaine des jardins d’Annevoie est selon les mots de Michel Fautsch l’occasion de renouer avec le vivant dans une approche des plus contemporaines. Car, insiste-t-il, le patrimoine paysager diversifié est susceptible d’accueillir la biodiversité. Et l’ingénieur en la matière de conclure ce bel ouvrage : « il s’agit à Annevoie de conserver, voire de la renforcer sans dénaturer les jardins. »
Livre
Les jardins d’Annevoie. Joyau des jardins d’eau
Auteur
Michel Fautsch
Éditeur
Racine
Sortie
2026
Sur internet
Publicité