Martin Boonen
19 January 2026
L’histoire de Go Vocal trouve son origine dans une frustration commune : l’impossibilité, pour un citoyen ordinaire, de faire entendre sa voix auprès des institutions locales. Wietse Van Ransbeeck, Aline Muylaert et Koen Gremmelprez, tous trois diplômés de Solvay Brussels School, décident en 2015 de créer CitizenLab pour combler ce fossé démocratique. “Avant la technologie, les personnes qui participaient étaient celles qui avaient le temps, celles qui avaient les compétences pour s’exprimer”, explique Aline Muylaert dans une interview à Empodera LIVE en juin 2024.
Le trio entend défendre une vision inclusive de la société : “Nous imaginons un monde où chaque ville démocratique met sa démocratie participative en ligne, rendant la participation accessible à des millions de personnes”, précisent-ils dans le communiqué officiel de rebranding, quand CitizenLab est devenu, en juin 2024, Go Vocal.
© Go Vocal
Concrètement, Go Vocal propose aux collectivités une suite d’outils numériques : consultations thématiques sur l’aménagement urbain ou la transition climatique, budgets participatifs permettant aux habitants de proposer et voter des projets, sondages et questionnaires. La plateforme intègre également la gestion multicanale, combinant contributions en ligne et enquêtes papier pour toucher les publics éloignés du numérique. “Nous aidons les gouvernements à inclure davantage de personnes dans leurs politiques locales, mais nous veillons aussi à ce que ceux qui ont été historiquement exclus de la conversation disposent désormais d’outils pour faire entendre leur voix”, souligne Aline Muylaert.
L’innovation majeure réside dans le module d’intelligence artificielle (IA) “Sensemaking”. Grâce au traitement automatique du langage, l’outil analyse des milliers de contributions, les regroupe par thématiques et génère des synthèses exploitables. Les villes utilisant cette fonctionnalité rapportent une économie de plus de 60 % du temps consacré à l’analyse des données. “Les plateformes d’engagement en ligne sont excellentes pour collecter des contributions. Mais passer de ce stade à des décisions collectives et à davantage d’intelligence collective est une étape que nous devons encore franchir. C’est ce que nous espérons accomplir dans les prochaines années”, confie Wietse Van Ransbeeck à Democracy Technologies en juillet 2024.
Certifiée B Corp et présente sur cinq continents, Go Vocal ambitionne désormais que son IA puisse “résumer les discussions, mais aussi poser aux participants en désaccord des questions de suivi leur permettant de mieux comprendre le raisonnement derrière ce désaccord”. Une vision où la technologie ne s’oppose plus au débat démocratique, mais l’enrichit.
Photo de couverture : © Go Vocal
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