Martin Boonen
03 April 2026
Dans un monde traversé de crises et de polarisations, la philanthropie n’a jamais semblé aussi nécessaire. Le Baromètre de la philanthropie de la Fondation Roi Baudouin le confirme chiffres à l’appui : 81% des Belges la considèrent importante, et 35 % la jugent même essentielle. C’est dans cet esprit que la Fondation a conçu Be Philanthropy 2026, non comme un colloque de plus, mais comme un véritable espace de mobilisation collective , présenté par Eva Kamanda et ouvert solennellement par Sa Majesté la Reine Mathilde, avant un message vidéo d’António Guterres, Secrétaire général des Nations Unies.
© David Plas
La journée s’est articulée autour d’une série d’interventions de haut vol. Pierre Wunsch, président du Conseil d’administration de la Fondation, a posé d’emblée le cadre : agilité, responsabilité citoyenne et vision systémique face aux turbulences géopolitiques. Le Dr Denis Mukwege, médecin et philanthrope congolais lauréat du Prix Nobel de la Paix, était l’invité d’honneur de cette édition. Fondateur de l’Hôpital Panzi en République démocratique du Congo, il incarne cette philanthropie de conviction qui allie générosité et combat pour la justice. Jan Jambon, Vice-Premier ministre et ministre des Finances et des Pensions, représentait quant à lui la sphère politique dans ce dialogue entre secteurs.
© David Plas
L’après-midi s’est déployé en huit ateliers thématiques simultanés, pensés pour refléter la diversité des visages contemporains de la philanthropie. On y a débattu du rôle croissant de l’intelligence artificielle (avec un panéliste IA nommé Phil-IA), des fondations actionnaires comme modèle de gouvernance pérenne, du dialogue entre action philanthropique et puissance publique, ou encore de la philanthropie locale comme levier de transformation des communautés. La session consacrée aux influenceurs et streameurs (avec l’actrice et ambassadrice de bonne volonté pour le HCR Kristin Davis) a témoigné d’un secteur qui n’hésite plus à investir les canaux numériques pour toucher de nouveaux publics.
© David Plas
La journée s’est refermée sur une question délibérément vertigineuse : que deviendrait un monde sans philanthropie ? Pour y répondre, la Fondation avait réuni Raphaël Liégeois, astronaute belge de l’ESA, et Tina Tchen, vice-présidente de la Fondation Obama. Une manière de rappeler que la générosité, dans toutes ses formes (don d’argent, de temps, d’écoute ou d’opportunités), est affaire de chacun. « La philanthropie n’est pas un luxe, a résumé le CEO de la Fondation, Brieuc Van Damme. Elle est partie intégrante de ce qui nous rend humains : la capacité d’agir pour autrui, de tisser des liens, de renforcer ce qui nous unit, plutôt que ce qui nous divise. Porteuse d’espoir, la philanthropie contribue à rendre notre monde plus solidaire, inclusif et résilient. »
Fondée en 1976 et célébrant cette année son cinquantenaire, la Fondation Roi Baudouin soutient chaque année plus de 5.000 projets en Belgique, en Europe et à l’international, dans des domaines aussi vastes que la santé, la pauvreté, la culture, le climat et la démocratie.
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