• HLCÉ

Berlinale 2020 : le génie de Hong Sangsoo

berlinale2020

Rédaction Eventail

26 February 2020

© Jeonwonsa Film Co. Production

[caption id="attachment_23444" align="alignnone" width=""]Le réalisateur Hong Sangsoo[/caption]Hong Sangsoo est un des seuls cinéastes qui déclenchent une abolition totale de mon sens critique. Je le vois plutôt comme un vieil ami à qui on pardonne tout et qu'on retrouve d'année en année sans avoir le sentiment que la conversation s'est interrompue.

Depuis 1996, il a écrit et réalisé quelque 23 longs métrages ; l'avant-dernier à figurer dans la compétition berlinoise était Une femme seule sur la plage en 2017. Je viens de voir The Woman Who Ran (La Femme qui courait) et j'y ai bien sûr retrouvé la sublime Kim Minhee qui est à la fois sa muse et son interprète favorite. À 60 ans, l'artiste coréen pousse jusqu'à l'épure son style minimaliste.

Aucun effet de caméra. Des conversations filmées souvent en plan fixe (avec de rares échappées sur un banal décor urbain ou sur la nature environnante). Quant au scénario de ses œuvres, il est immuablement centré sur un personnage masculin ou féminin qui, à la faveur d'un déplacement vers une autre ville de Corée ou (comme ici) vers la banlieue de Séoul, retrouve un mari/un amant/une maîtresse et se lance dans de longs dialogues où l'alcool joue un rôle considérable. Dans The Woman Who Ran, l'héroïne visite successivement trois amies et rencontre aussi par hasard un ex avec qui la relation est à l'évidence devenue poliment sibérienne.

Une scène du film The Woman Who Ran du réalisateur Hong Sangsoo, présenté au festival du film indépendant de Berlin, la Berlinale
© Jeonwonsa Film Co. Production

Ce qui me fascine chez Hong Sangsoo, c'est son génie de la conversation qui relève à la fois de Tchekhov (pour l'art du non-dit) et des premières pièces d'Ionesco (La Cantatrice chauve) où la répétition des banalités quotidiennes débouche sur des effets hilarants. On rit souvent dans ce film, mais il ne faut pas s'y tromper : derrière ces propos convenus se cache une inquiétude, voire une difficulté d'être qui taraude des personnages en réalité bien fragiles.

Au sortir de la projection, une collègue me faisait observer que peu de cinéastes contemporains sont capables d'explorer ainsi les aspects le plus secrets de la psychologie féminine. Une comparaison me venait à l'esprit : tout comme les 555 sonates pour clavecin de Domenico Scarlatti varient à l'infini une forme musicale immuable, les films de Hong Sangsoo projettent à chaque fois une lumière nouvelle sur le thème éternel du désir et de l'amour.

Souvenirs royaux

Chroniques royales

Comme ses consœurs à Genève, la maison de ventes Phillips organise une vente d’objets et de bijoux de provenances illustres, ce qui attire immanquablement amateurs et collectionneurs. Pour cette vacation, l’ancien royaume de Bavière a été mis à l’honneur en la personne des rois Louis Ier de Bavière (1786-1868) et Louis II de Bavière (1845-1886). Le premier, grand-père du second, fut un éminent patron des arts. Il contribua à transformer Munich en une capitale culturelle de premier plan, la couvrant de nouveaux édifices, tous plus imposants les uns que les autres. Il régna entre 1825 et 1848, date à laquelle il dut abdiquer suite à des velléités révolutionnaires et des amours tumultueuses avec l’actrice Lola Montez.

Publicité

Pluribus

Les séries à ne pas manquer en ce début d’année

Cinéma

Le début d’année s’annonce riche et inspirant sur les plateformes de streaming. Entre récits dystopiques, drames profondément humains et romances élégantes, ces nouvelles séries explorent les émotions, le pouvoir et les liens qui nous unissent. Une sélection à découvrir pour bien commencer l’année.

Tous les articles

Publicité

Tous les articles