• HLCÉ

Vincent Lindon et la loi du marché...

Rédaction Eventail

10 June 2015

© Droits réservés

[caption id="attachment_15198" align="alignnone" width=""]Vincent Lindon incarne Thierry dans La loi du marché, en salle dès aujourd'hui[/caption]Dans le formidable La loi du marché, Vincent Lindon incarne Thierry, un chômeur de longue durée qui « réussit » à devenir vigile dans un hypermarché. Prix d'interprétation masculine au Festival de Cannes pour ce rôle, Vincent Lindon reste dans la bulle du personnage et dans l'ivresse d'une récompense tant attendue. Rencontre au Brussels Film Festival à Flagey.

Eventail.be - Vous êtes le seul comédien professionnel dans le film. Cela vous a t-il déstabilisé ?

Vincent Lindon - Nous étions tous logés à la même enseigne. C'était passionnant d'incarner au plus près la situation comme si on la vivait pour de vrai. Stéphane Brizé a écrit un scénario qui nous permet d'être le personnage sans qu'il doive nous dire comment il doit être. Chacun fait sa propre mise en scène sur base d'une histoire très écrite. Le fait de pouvoir faire autrement, en dehors des normes académiques, donne une liberté énorme. On prend le temps de la vie.


- Comment vous êtes-vous emparé du personnage de Thierry ?
- Dès les cinq premières pages, j'ai été très séduit par le scénario de Stéphane. Les vingt pages suivantes m'ont littéralement bouleversé. Pendant le tournage, tous les soirs, Stéphane Brizé m'écrivait à la main une feuille de route pour la scène du lendemain. Des choses simples de la vie de Thierry, ce qui m'a permis d'être au plus près de lui. Il se produit quelque chose d'organique, de minéral, un état de choc qui permet de m'immerger complètement dans un moment. On est au paroxysme de soi-même. J'essaie de me rapprocher du fantasme que je me fais du personnage, si j'étais lui. Comment moi je serais si j'étais lui. On trouve un point de rencontre entre le personnage et moi et on marche ensemble. Le film m'a marqué à vie. J'ai adoré être Thierry. Je n'en mesure pas encore tout de suite les bienfaits, cela va se mesurer sur la longueur. Je suis encore empli de Thierry. Je n'ai pas encore pris de temps pour moi, Vincent. Je vais sans doute avoir un baby blues, devoir affronter l'ennui, le vide...


- Vous venez de tourner avec Joachim Lafosse*. La première fois que vous tournez avec un cinéaste belge ?
- Oui, effectivement. Je dois un peu réfléchir car les Belges sont partout sans qu'on le sache. En tout cas, j'ai été très heureux de tourner avec Joachim et une équipe majoritairement belge dont la première assistante des frères Dardenne. Dans votre pays, on ne ressent aucun a priori. C'est formidable. Les Belges sont très rock, très modernes. Il n'y a pas beaucoup de snobisme chez vous.
Votre prochain rôle ?
Je n'en ai pas la moindre idée. Parmi les 4 ou 5 scénarii que j'ai sous la main, il y en aura bien un qui va me prendre. En tout cas, je vais faire tout pareil. Une histoire qui me plaît avec un personnage où j'ai envie d'être lui.
Corinne le Brun

*Les Chevaliers blancs avec Vincent Lindon, Louise Bourgoin, Reda Kateb, Yannick Renier. Sortie fin 2015.

La loi du marché de Stéphane Brizé. Avec Vincent Lindon, Karine de Marecq, Yves Ory. En salle dès ce mercredi 10 juin.


Brussels Film Festival à Flagey 
Jusqu'au 12 juin
www.brff.be

Kenshō, l’expérience ultime

Design & High-tech

L’aménagement intérieur de ce super yacht a été confié au studio parisien Jouin Manku. Une réalisation récompensée par le Best Yacht of the Year en 2023.

Remise des bourses Vocatio 2026

Vie mondaine

La fondation d’utilité publique Vocatio a dévoilé à Bruxelles sa promotion 2026 en remettant 23 bourses à de jeunes talents belges porteurs de projets à fort impact social, scientifique, culturel, artistique ou innovant. Depuis 1963, Vocatio accompagne les jeunes passionnés et entreprenants afin de les aider à concrétiser leurs ambitions grâce au soutien de ses partenaires et donateurs privés. © Constance Le Hardÿ de Beaulieu

18/06/2026

Carla Simón : « mon histoire est aussi celle de toute une génération »

Cinéma

2004. À 18 ans, Marina, orpheline, resurgit dans sa famille paternelle, à Vigo, en Galice. Elle enquête sur le destin brisé de ses parents, fauchés par le sida après avoir été accros à l’héroïne. La réalisatrice Carla Simón, qui a perdu son père à 3 ans et sa mère à 6 ans continue de s’inspirer de son histoire personnelle. L’Espagnole ressuscite dans « Romería » la génération sacrifiée de la Movida. Un troisième film, sensible, lent – peut-être un peu trop -, ouvert à la mer, au vent et porté par la toute jeune Llucia Garcia dans le rôle de Marina. Entretien avec Carla Simón, au Festival de Cannes.

Tous les articles

Tous les articles