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La magie Tiffany

JoaillerieSaatchi GalleryTiffany

Christophe Vachaudez

18 July 2022

Bien trop courte, l’exposition organisée par Tiffany à la Saatchi Gallery de Londres se termine dans un mois à peine. Il faut se presser pour découvrir ce parcours où une mise en scène d’exception orchestre nombre de surprises. Rien n’a été oublié pour évoquer ce nom magique qui brille au firmament de la joaillerie depuis 1837 mais qui fête aussi sa présence à Londres depuis 150 ans… un anniversaire qu’il fallait absolument marquer d’une pierre blanche !

Dès le début, le ton est donné : une succession de vitrines au décor enchanteur servent d’écrin à quelques bijoux emblématiques. Les couleurs se succèdent, acidulées, délicieuses comme des bonbons, avant qu’une ligne du temps ponctuée de photos révélatrices guide les visiteurs dans les arcanes de la Maison.

© Saatchi Gallery

Actrices célèbres, objets précieux, vues d’époque et trophées ouvrés dans les ateliers recréent l’atmosphère des décennies passées, documentant un fil conducteur qui va trouver de plus amples développements à l’étage. Enrichies au fil ans, les collections de la maison, rachetée depuis peu par un grand groupe, sont ici présentées pour la première fois… des balbutiements des débuts aux réalisations plus opulentes servies par une escouade de créateurs aux noms gravés dans l’histoire du bijou, à commencer par Paulding Farnham qui imagina dès la fin des années 1880, des fleurs en émail plus vraies que nature. Les orchidées aux couleurs vives discrètement rehaussées de diamants enchantent les yeux.

© Saatchi Gallery

C’est aussi à cette époque que Tiffany rachète des bijoux de la couronne de France, dispersés à l’encan en 1887 par le gouvernement en place. Le joaillier en conservera certains et en démontera d’autres. Quatre vestiges sont d’ailleurs exposés à Londres. Plus près de nous, le créateur français Jean Schlumberger a mis toute son inventivité au service de la maison en livrant des créations insolites, souvent spectaculaires, quand il doit notamment monter le fameux diamant Tiffany, une pierre de 128,54 carats d’un jaune vif remarquable. Il en fera un centre de collier ou le perchoir improbable d’un minuscule piaf scintillant, une mode qui connaîtra un succès retentissant.

© Tiffany

© Tiffany

Paloma Picasso a aussi œuvré pour la maison, proposant un florilège de pierres colorés aux tons fondus. Ponctué des célèbres lampes ‘vitrail’, le parcours conduit à une recréation bluffante du Fifth Avenue. Tout rappelle le mythique Breakfast at Tiffany’s, de Blake Edwards. Des vitrines bulles, centres d’immenses cercles mobiles, mettent ensuite à l’honneur les solitaires et les bagues de fiançailles que popularisa le joaillier américain… bref un survol éblouissant de 185 années de créations, un petit bijou d’exposition !

Les diadèmes d’Amalia

Chroniques royales

Dans une biographie écrite par Claudia de Breij en 2021, Catarina-Amalia s’est ainsi confiée : « J’adore les diadèmes…Montrez-moi un diadème, et je sais d’où il vient. Je reconnais tous les diadèmes d’Europe. » Elle a alors ajouté : « Je les portais, ceux de ma mère. Il y en avait un sur sa coiffeuse, et puis je l’ai mis directement sur ma tête » et une photo inédite confirmait cette passion naissante alors que la fille aînée des souverains néerlandais n’avait que huit ans ! Et si les jeunes filles ont coutume de se parer de bijoux en strass pour devenir princesse d’un jour, Amalia, elle, pouvait admirer les plus belles parures versées au fil des ans par les reines successives à l’un des plus précieux ensembles au monde. Toutefois, afin de respecter les us et coutumes, elle a dû attendre de fêter ses 18 ans pour coiffer un diadème en public de façon on ne peut plus officielle. Et pour cette première, elle a choisi celui que sa mère, la reine Maxima, avait arboré le jour de son mariage.

Informations supplémentaires

Exposition

Tiffany. Vision and Virtuosity

Adresse

Saatchi Gallery
Duke of York’s HQ
King’s Road
London SW3 4RY
Royaume-Uni

Dates

Jusqu’au 19 août

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Clair-obscur

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