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Artistics

03 October 2022

Plastiglomérat : c’est le nom donné à une roche non naturelle, composée d’un agrégat de roche volcanique, de sable, de débris de coquillage et de matière plastique. Pour certains scientifiques, cette roche pérenne pourrait être le marqueur de l’anthropocène, une nouvelle ère géologique caractérisée par le fait que les activités humaines ont acquis une influence sur le fonctionnement même de la planète.

Cette ère dispose déjà de tristes théâtres : zones déboisées, décharges sauvages, carrières… C’est là que Romain Langlois puise le matériel visuel de ses sculptures : une poutre abandonnée sur un chantier, un tronc trouvé dans une friche, un bloc de pierre bloquant l’accès à une route… Autant d’ »objets » arrachés à la nature et mis au rebus après usage.

Serendipity, de Romain Langlois. Bronze, 2019 © DR

Ces  « sédiments culturels », l’artiste se les approprie, les transforme, et les replace sous nos yeux dans un musée ou un espace d’exposition, comme pour nous dire : et maintenant, que voyez-vous ? Entre temps, il s’est livré, tel un alchimiste, à une véritable opération de transmutation. Le rocher que vous regardez n’est pas en pierre : c’est du bronze. Ce tronc d’arbre n’est pas en bois, mais en calcite.

La ressemblance est stupéfiante, mais l’artiste ne se limite pas à ce jeu de trompe-l’œil. Entre ses mains, la roche se brise et laisse voir une matière liquide et solaire, semblable à du magma. Le chevron se redresse, comme pour prendre une position verticale, et les plis qui se forment à sa surface évoquent un épiderme… Ces matériaux inertes semblent soudain s’animer, comme s’ils avaient toujours renfermé une vie latente.

Pour l’artiste, « tout est en vie, tout est en mouvement, tout est en transformation. Mais cette vie, il faut aller la dénicher. C’est ce que je m’efforce de faire dans mes sculptures, avec douceur : aller chercher la vie et la montrer à celui qui va les regarder.« 

La Belle Endormie, de Romain Langlois. Bronze, 2021 © DR

Pendant 12 ans, cet artiste français de 46 ans s’est formé à la sculpture en autodidacte, se frottant à tous les matériaux jusqu’à obtenir une connaissance presque intime de chacun. Ce travail au plus proche de la matière est ce qui fait la singularité de sa démarche dans le paysage actuel de l’art contemporain. Et s’il a délaissé la représentation de l’être humain, il n’a jamais cessé d’en sonder le mystère. Mais il préfère pour cela s’intéresser à son environnement immédiat, un environnement tellement façonné et transformé par l’Homme qu’il en est devenu le reflet.

Romain Langlois est représenté par la galerie d’art contemporain Artistics.

Photo de couverture : Contenant, de Romain Langlois. Bronze, 2014 © DR

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