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Maxime Delcourt

30 November 2022

Eventail.be – À quel moment avez-vous eu envie de vous investir dans la composition musicale ?
Cloudie – Ça va sonner très cliché, mais je chante depuis toute petite. J’ai toujours adoré ça. Je peux même dire que j’ai été élevée à base des émissions de Disney Channel ou High School Musical. Bien sûr, l’écriture n’est venue que plus tard. Je devais avoir 17 ans, et j’écrivais en anglais : j’avais peur du français, peur de tomber dans le cheap, là où l’anglais permet une écriture plus fluide, plus groovy. Cela dit, l’anglais n’étant pas ma langue maternelle, j’ai vite été bloquée… Il y a un an, juste après avoir été diplômée en études de marketing à Liège, j’ai voulu professionnaliser ma démarche. Je suis alors automatiquement retournée vers le français.

© Eva Neuray

– Dans votre cursus, il y a aussi cette expérience au sein de l’Opéra Royal de Wallonie…
Ma grand-mère est cantatrice. Un jour, en lisant dans le journal, elle voit que la chorale recherche des enfants. À 6 ans, j’ai donc intégré cette formation, et j’y suis restée jusqu’à 16 ans. Le rythme était soutenu, dans le sens où je cumulais ça avec mes études, mais ça a été une expérience incroyable, entre les costumes, le maquillage et toutes ces performances scéniques.

– Cela n’a pas été trop difficile de revenir à un langage pop après une telle formation, plutôt lyrique ?
J’ai toujours cherché à faire cohabiter les deux. À côté de la chorale, je n’ai jamais cessé de chanter, notamment des reprises de morceaux pop. D’autant que je faisais un peu un blocage sur le chant lyrique quand j’avais 14-15 ans : ce n’est pas vraiment un âge où on trouve ça cool… Pendant un temps, j’ai donc mis de côté tout ce que j’avais appris, avant d’y revenir dernièrement grâce à un coach vocal. Parce que j’ai envie de connecter ces deux univers, et parce que j’ai envie d’explorer toutes mes capacités.

– Des artistes féminines, comme Billie Eilish ou Angèle, ont mis à mal certains stéréotypes et démontré qu’elles pouvaient assumer le travail de composition et de production dans son ensemble. Cette assurance vous a-t-elle aidé à croire en vos capacités ?
C’est fascinant de voir des artistes qui savent s’entourer au dernier moment de la bonne personne afin d’amener leur projet encore plus loin. Et oui, ça donne envie d’avancer de la même façon. Le succès d’Angèle, par exemple, est hyper inspirant : artistiquement, elle a créé ce courant de pop francophone et inspiré beaucoup d’artistes. Elle a cette patte belge, et on sent que d’autres compositrices et interprètes avancent avec la même ambition.

– C’est votre cas ? On va où ?, votre premier single, donne l’impression de s’inscrire dans cette tendance.
Il y a un an, j’ai eu envie de sortir plein de titres. J’étais euphorique, je débordais d’envie, mais après en avoir discuté avec mes proches, j’ai compris qu’il était mieux de me présenter au public avec un univers très construit, quelque chose de cohérent et capable de synthétiser ma musique, mes visuels et mes clips dans une même esthétique. On va où ? en atteste, de même que mon premier EP, dont la sortie est prévue au printemps. Ce sera du Cloudie à 100%.

© Eva Neuray

– Justement, d’où vient ce pseudo ?
C’est une référence aux nuages, et notamment à deux symboliques que j’aime beaucoup : d’un côté, c’est le petit nuage blanc, celui qui suggère quelque chose d’assez enfantin, léger et positif ; de l’autre, c’est ce nuage gris qui peut être effrayant et génère de temps à autres de l’anxiété. Je trouve que ça englobe bien ma dualité et ces différents sentiments avec lesquels j’avance dans la vie.

– Doit-on s’attendre à un EP synthétisant cet équilibre entre innocence et mélancolie ?
Chaque chanson vient immortaliser une émotion, une personnalité, un sentiment, qu’il soit nostalgique ou positif. Il a été pensé dans la droite lignée de On va où ?, avec la même spontanéité dans l’écriture et la même vulnérabilité.

Photo de couverture : © Eva Neuray

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