• HLCÉ

À la Comédie Royale Claude Volter : La Perruche, d'Audrey Schebat

Comédie Royale Claude VolterscèneSpectacleThéâtre

JC Darman

07 October 2025

La Perruche,  d’Audrey Schebat, à la Comédie Royale Claude Volter, joue sur le sujet sans doute le plus universel et le plus scruté de l’histoire humaine : le couple.

Le rideau s’ouvre sur un intérieur bourgeois. Une table est dressée pour quatre couverts. Un couple attend pour dîner des amis qui tardent à arriver. Le téléphone sonne : le mari du couple attendu annonce qu’ils ne pourront pas venir car ils viennent d’être victimes d’un cambriolage. Détail curieux : seuls des objets appartenant à l’épouse ont été emportés. À partir de cet aléa, c’est toute la vie du couple invitant, son passé et son avenir, qui sont (re)mis en question. Les vraies fausses confidences vont s’enchaîner ; toutes les déceptions, les soupçons et les reproches latents vont se dévoiler jusqu’à entraîner le naufrage final.

© DR

L’atmosphère de la pièce fait penser à la phrase attribuée (sans doute à tort) à Henry de Montherlant : les sexes ne sont pas complémentaires, ils sont antagonistes. Plusieurs situations et répliques sont très drôles, mais d’un humour empreint d’amertume. La pièce écrite par une femme (en 2018) s’avère très féministe ; elle s’apparente à un combat au cours duquel la masculinité traditionnelle prend les coups les plus acerbes.

La mise en scène tout en précision et nuances de Alexis Goslain et l’interprétation des deux comédiens se montrent redoutablement efficaces. Le jeu des interprètes sonne à ce point juste que peu de spectateurs sortiront tout à fait indemnes de la représentation. À cet égard, le silence et la qualité d’écoute de la salle le soir de la première étaient probants. Dans le rôle de l’épouse blessée, on a le grand plaisir de retrouver Manuela Servais. Depuis quelques temps, cette valeur sûre du théâtre belge s’était faite plus rare (on la retrouvera dans le prochain spectacle des Galeries : Glenn, naissance d’un prodige). Quant à Michel Wright, on ne peut qu’applaudir son excellente prestation dans le rôle du mari inconsciemment et naturellement macho qui pense aimer sa femme. Lui aussi on le retrouvera le mois prochain pour la mise en scène de Le Maestro au théâtre de La Valette à Ittre (établissement qu’il dirige depuis huit ans).

Attention : après avoir assisté au spectacle, en rentrant à la maison, peut-être hésiterez-vous entre vous mettre au lit avec votre conjoint(e) ou bien faire vos valises pour le (la) quitter.

Dans la Cour des Grands : Le roi est mort, vive le roi !

Chroniques royales

Je suis toujours surpris par l’instantanéité d’une monarchie lorsque l’un de ses membres passe l’arme à gauche. En Norvège, lorsque le vieux roi Harald rend son dernier souffle, sur son lit d’hôpital au cœur d’Oslo, c’est comme s’il l’insufflait dans les narines de son fils, assis à ses côtés, pour assurer la continuité. La vieille formule est d’autant plus vraie qu’en l’espèce, le roi s’est accroché jusqu’au bout à son pouvoir, tout relatif qu’il fût dans cette monarchie essentiellement protocolaire.

Informations supplémentaires

Pièce

La Perruche, d’Audrey Schebat

Théâtre

Comédie Royale Claude Volter
Avenue des Frères Legrain, 98
1150 Woluwe-Saint-Pierre

Dates

À voir jusqu’au 12 octobre

Billeterie

Historalia : les spectacles de Simon de Merode

Scène & Spectacles

Gérer un château en 2025 n’est certes pas chose aisée et parvenir à le faire vivre en le partageant avec le plus grand nombre relève assurément de la gageure. Le prince Simon de Merode a réussi son pari à Westerlo en y organisant des spectacles d’envergure qui connaissent un vif succès et sont aujourd’hui produits par sa société baptisée Historalia. Cet été, ce sera la révolution belge de 1830 qui sera mise à l’honneur mais sur le site du château de Wijnendaele, non loin de Torhout. Le prince Simon de Merode évoque pour nous la genèse de cette « success story ».

Tous les articles

Tous les articles