Thomas de Bergeyck
06 November 2026
Chez moi, on a toujours eu pour habitude de dire qu’un mariage, c’était celui de deux êtres, mais aussi de leurs familles. Épouser son bien-aimé, c’est aussi embrasser une famille tout entière, avec ses défauts, ses différences et souvent, heureusement, ses complémentarités. Que dire de ce « bouleversement profond » partagé par Meghan le premier novembre après avoir appris que l’un des garde-meubles de son père au Mexique avait été fouillé. On y a confisqué du matériel informatique, une semaine à peine après une première perquisition aux Philippines, où Thomas Markle, 82 ans, avait résidé. Des images à caractère pédocriminel y avaient été découvertes. Une enquête démarre, et elle pourrait écorner solidement l’image déjà compliquée de Meghan dans le grand public.
Thomas Markle Jr. entendu en 2019 au tribunal de Grants Pass, dans l'Oregan, pour une accusation de DUI (conduite sous l’emprise de l’alcool) © Derek Shook/BACKGRID
Madame Harry avait déjà dû faire face au comportement de son paternel qui s’était mis en scène avec de faux paparazzis, au moment d’acheter son costume pour la cérémonie de mariage. On se souvient de sa demi-sœur Samantha, très bienveillante et pas jalouse pour un sou qui avait accusé Meghan d’avoir « abandonné sa famille ». Ou de son demi-frère Thomas Jr. qui avait écrit à Harry pour le dissuader d’épouser l’américaine, l’estimant « calculatrice ».
Jorge Zorreguieta, père de la reine Maxima des Pays-Bas © Splash News
Super, la famille lorsqu’elle vous tourne le dos, par cupidité, jalousie ou parce qu’elle est tout simplement différente. Cette histoire m’en rappelle d’autres, à ne pas comparer évidemment avec le cas Markle, mais qui furent des bombes à retardement. Souvenez-vous de Jorge Zorreguieta, le père de Maxima des Pays-Bas. Il a été interdit de mariage en 2002 pour avoir participé par le passé à un gouvernement du général Videla, le dictateur argentin. La jeune femme n’aura pas eu le droit de prendre par le bras son propre père, le jour le plus important de sa vie. Je pense aussi à Letizia d’Espagne, dont le cousin Rocasolano n’a rien trouvé de mieux que de publier un ouvrage à charge contre elle, évoquant non seulement son premier mariage avec un prof gaucho, mais s’étalant aussi sur l’avortement qu’elle aurait subi à la même époque. Et que dire de Mette-Marit de Norvège, dont le père Sven a longtemps multiplié les apparitions gênantes dans la presse après le mariage. Ou encore son fils Marius Borg Høiby, aujourd’hui devenu le problème numéro un de cette famille. Condamné en première instance à quatre ans de prison, notamment pour deux viols, il a fait appel et demeure assigné à résidence sous surveillance électronique.
Marius Borg Høiby, le fils de la princesse Mette-Marit © DR/Photo News
Les palais ont pour habitude d’enquêter sur ces familles avant l’input mais parfois ne peuvent rien contre ces proches désireux d’exister aussi, à leur façon, dans l’ombre troublante et souvent envieuse de l’un des leurs. Entre amour et haine, ces déchirements en disent long sur ce qu’entrer dans une famille royale implique. Il ne suffit pas de dire oui à l’être aimé. Il faut aussi s’assurer que ceux que l’on laisse derrière sont en phase avec les élans de votre cœur.
Photo de couverture : © Mark Thomas/i-Images/Polaris