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Christophe Vachaudez

24 April 2023

Suivant l’exemple de sa mère la reine Juliana, la reine Beatrix a choisi la date du 30 avril pour abdiquer en faveur de son fils aîné le prince Willem Alexander. L’intéressé qui a fêté ses 46 ans quatre jours auparavant accède en grande pompe au trône de ses ancêtres. Le bilan s’avère plutôt positif et la popularité du souverain semble au beau fixe malgré quelques faux pas qui ont passablement déplu à ses compatriotes.

© DR/Shutterstock.com

En temps de crise, la maladresse n’est point de mise. Ainsi, la restauration du palais de Huis ten Bosch s’est envolée à 63 millions d’euros au lieu des 35 annoncés. Ces coûts qui devaient être partiellement assumés par le Roi ont finalement été entièrement pris en charge par l’État, au grand dam des citoyens qui ne peuvent même pas visiter ce lieu chargé d’histoire. Willem Alexander qui rechignait à donner sa quote-part en 2019 s’achète pourtant l’année suivante un yacht évalué à plus de deux millions d’euros. Enfin, le souverain dont les avoirs ne sont pas soumis à l’impôt s’est en outre octroyé un séjour en Grèce en pleine période de pandémie, ce qui a provoqué des excuses publiques télévisées. Un peu de diplomatie aurait évité d’en arriver là.

© Bestimage/Photo News

Sans doute moins fédérateur que sa mère, Willem Alexander peut toutefois compter sur le charisme de son épouse Maxima dont le parcours sans faute et l’empathie naturelle lui ont valu l’affection des Néerlandais. Pourtant, leur union a déclenché la controverse auprès des responsables politiques qui reprochaient au père de l’heureuse élue ses accointances avec le régime dictatorial argentin. Plutôt épicurien, l’actuel Roi n’a jamais vraiment défrayé la chronique car il a pu compter sur la discrétion des media qui le laissèrent en paix durant ses études à l’United World College of the Atlantic, au Pays de Galles, puis durant son cursus en Histoire à l’Université de Leyde. Il apprécia tout particulièrement son passage à la Marine où il reçut une formation qui courut entre 1985 et 1987. Mais sa fierté réside dans l’obtention de ses ailes car s’il n’avait été appelé à régner, il aurait piloté. Il n’y a d’ailleurs pas tout à fait renoncé puisque, durant 21 ans, il fut dans le plus grand secret premier officier auprès de la KLM sous le nom de Willem van Buren. Il n’était pas rare que certains passagers incrédules reconnaissent sa voix à l’annonce des données de vol. C’est également sous ce nom qu’il participe en 1986 à la plus importante course de patin à glace des Pays-Bas, la Frisian Elfstedentocht, longue de presque 200 kilomètres, et au marathon de New York en 1992, une ville où il retrouvera parfois Maxima au début de leur idylle.

© Photo News

Aujourd’hui, le couple a trois filles : Catarina-Amalia, princesse d’Orange, née en 2003, Alexia, en 2005, et Ariane, en 2007. Après avoir vécu longtemps à la Villa Eikenhorst, à Wassenaar, dans la banlieue chic de La Haye, la famille s’est installée au palais de Huis ten Bosch. Doué pour les langues, le Roi parle couramment l’anglais, le français, l’espagnol et l’allemand, langue maternelle de son père, en plus du néerlandais comme de bien entendu. Longtemps membre du Comité olympique international, fonction à laquelle il a renoncé en 2013, il a soutenu un temps la candidature des Pays-Bas à l’organisation des Jeux d’été de 2028.

© Photo News

En bon batave, Willem-Alexander éprouve un lien singulier avec l’élément aquatique, sa gestion et sa protection. Il est vrai que les Pays-Bas, pour un tiers en dessous du niveau de la mer, doivent relever des défis titanesques dans les prochaines années et le Roi, lui aussi, s’y prépare se tenant au courant des diverses techniques mises en place. Issu d’une lignée qui remonte au XIIe siècle et qui a donné nombre de Stadhouder au Provinces-Unies, Willem-Alexander est le premier homme à régner depuis 1890 puisqu’il succède à trois reines ! Septième souverain de la dynastie des Orange-Nassau, il porte encore des titres qui pourrait inquiéter ou faire sourire puisqu’il est comte de Vianden, burgrave d’Anvers, Seigneur de Saint-Vith, de Bütgenbach, de Turnhout et de Besançon… ou quand l’histoire rejoint le présent !

Photo de couverture : © Photo News

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