• HLCÉ

Bars de plage à Knokke : retour à la case départ, y compris pour Marc Coucke

KnokkeLe Zoute

Rédaction

04 November 2026

Le collège communal de Knokke-Heist a décidé, le 29 octobre, de retirer l’ensemble des attributions de bars de plage et de parcs pour enfants pour la période 2027-2035, après la suspension de ces décisions par le Conseil d’État. Le projet Woyo Beach, porté par Marc Coucke, fait partie des lauréats concernés.

Le collège communal a retiré sa décision d’attribution du 28 août ainsi que le rapport d’évaluation du jury du 26 août, sur lequel cette décision reposait. Le retrait concerne les bars de plage et les parcs pour enfants des quatre zones de la commune : Heist, Duinbergen, Knokke et Le Zoute. La commune a confirmé la mesure dans un communiqué publié le 30 octobre.

La portée de cette décision doit toutefois être précisée. Aucun contrat de concession n’avait encore été signé. Il ne s’agit donc pas de résilier des contrats de neuf ans déjà conclus, mais de retirer les décisions qui désignaient les futurs bénéficiaires. Les concessions actuellement en vigueur arrivent en revanche à échéance le 31 décembre 2026, et leur prolongation ne découle pas automatiquement de l’échec de la nouvelle attribution.

Une procédure contestée dès septembre

Le conseil communal avait approuvé les règles de la nouvelle procédure le 26 février 2026. La consultation s’est ouverte le lendemain pour 24 bars de plage et deux parcs pour enfants, sur la période 2027-2035. À la clôture des candidatures, le 18 mai, 36 propositions avaient été déposées pour 26 concessions. Le 28 août, la commune a attribué 25 concessions, soit 24 bars et un parc pour enfants. Six exploitants historiques n’ont pas été retenus.

© DR/Shutterstock.com

En septembre, sept candidats évincés ont saisi le Conseil d’État. Le 23 octobre, la haute juridiction a suspendu les attributions concernant les zones de Knokke, Le Zoute et Duinbergen. La commune a ensuite étendu le retrait à l’ensemble des zones, y compris Heist, qui n’était pas visée par la suspension.

Le calendrier suscite également des critiques. Les résultats, annoncés pour juillet, ont finalement été communiqués fin août, alors que les concessions existantes expirent quatre mois plus tard.

Une plage publique, plusieurs niveaux

La commune ne se contente pas de louer des emplacements. Elle détient elle-même une concession de la Région flamande portant sur le domaine concerné, puis attribue des sous-concessions aux exploitants. La convention qui lie la Région à Knokke-Heist expire à la fin de 2026. Le nouveau dispositif s’inscrit dans le renouvellement de cette relation avec l’Agence flamande des services maritimes et de la côte (MDK) pour la période 2027-2035.

Jusqu’ici, les exploitants obtenaient des concessions renouvelées chaque année. Le nouveau cadre prévoit une durée de neuf ans, prolongeable une fois de neuf années supplémentaires, ce qui offre davantage de visibilité aux investisseurs. La commune justifiait la mise en concurrence par ce nouveau cadre et par les exigences européennes, fédérales et flamandes de transparence et d’égalité de traitement.

Ce que le Conseil d’État reproche à la procédure

Le raisonnement de la haute juridiction repose sur le fait que la plage constitue une ressource naturelle rare, dont les emplacements disponibles ne peuvent pas être réservés indéfiniment aux mêmes opérateurs. Dans la presse, la procédure est souvent qualifiée d’« appel d’offres ». Les arrêts examinés portent pourtant sur des concessions domaniales, et l’expression « procédure publique de mise en concurrence » reste plus exacte.

Le paradoxe central tient au fait que la commune devait ouvrir les emplacements à la concurrence. Ce sont les modalités de cette ouverture qui ont été contestées avec succès, et non le principe même de la mise en concurrence.

Chaque proposition recevait une note sur 100, répartie entre la redevance proposée (20 points), le plan financier pluriannuel (15 points), l’expérience et les compétences de l’équipe (15 points) et la qualité de l’exploitation et de l’aménagement (50 points). La commune défendait cette pondération comme un moyen de privilégier la qualité et l’ancrage local, et soulignait que 24 des 25 concessionnaires sélectionnés avaient un lien fort avec Knokke-Heist. Dès février, la cheffe de groupe de Gemeentebelangen, Gaëlle Six, avait pourtant exprimé des réserves sur la composition du jury et sur le seuil de participation des exploitants dans les structures candidates.

© Jan De Meuleneir/Photonews

Les motifs retenus par le Conseil d’État sont plus précis qu’une simple critique de l’opacité de la procédure. Ils portent sur quatre points. D’abord, la solidité de l’examen financier : certaines offres de redevance étaient très élevées, et le dossier devait démontrer leur caractère réaliste, ce que la commune n’aurait pas suffisamment vérifié. Dans le dossier de Le Zoute, des offres allant jusqu’à environ 35 euros par mètre carré étaient examinées. La haute juridiction ne considère pas qu’une redevance élevée soit interdite en tant que telle. Elle reproche à la commune d’avoir accepté sa faisabilité sans l’avoir suffisamment démontrée et contrôlée.

Ensuite, la conformité urbanistique. La commune avait elle-même relevé, dans plusieurs propositions, des aménagements peu conformes aux prescriptions, sans établir si ces écarts pouvaient être corrigés à la marge. Le cadre applicable à Le Zoute prévoit notamment une construction temporaire de 60 m² au maximum.

Troisième point, la durée. Le dispositif prévoyait neuf ans, renouvelables une fois, soit un horizon potentiel de dix-huit ans. Le Conseil d’État estime que le dossier ne justifiait pas suffisamment une durée aussi longue au regard des investissements à amortir et d’une rémunération raisonnable du capital. Le grief porte donc sur l’absence de justification, et non sur la durée de neuf ans en elle-même.

Enfin, l’exclusion d’un candidat à Duinbergen. La commune avait écarté une proposition parce qu’elle jugeait insuffisant le « lien structurel » entre la société candidate et la personne appelée à exploiter le bar. Le Conseil d’État considère que plusieurs éléments susceptibles de démontrer ce lien n’ont pas été correctement pris en compte, et juge l’exclusion disproportionnée par rapport à l’objectif poursuivi.

Le cas Marc Coucke

Marc Coucke soutenait Woyo Beach par l’intermédiaire de ZouteCoucke, aux côtés des exploitants Ellen De Beck et Jonasi Deetens. L’emplacement annoncé se situe à Le Zoute, face à l’Albertplein. Le projet s’inscrit dans le développement côtier de son groupe. En juin 2025, Alychlo avait annoncé le rachat de l’exploitation de l’Enso District Hotel et de Woyo Eatery, ainsi que le regroupement de ses activités locales sous ZouteCoucke, dirigé par Tim De Taeye.

© DR

Le projet n’a pas été retenu grâce à une enchère victorieuse. ZouteCoucke proposait 18,42 euros par mètre carré, contre environ 34,99 euros pour l’offre la plus élevée à Le Zoute. Le dossier Woyo totalisait 64,13 points sur 100. Les décisions examinées ne constituent pas un constat de favoritisme personnel ou de corruption au bénéfice de Marc Coucke. Le cœur du dossier concerne la manière dont la commune a examiné, comparé et attribué les candidatures.

Woyo Beach perd le bénéfice de l’attribution obtenue en août. Son installation sur cet emplacement n’est donc plus acquise, et les étapes suivantes dépendront de la procédure que retiendra la commune. Le retrait ne touche pas les autres établissements de Marc Coucke à Knokke, notamment le restaurant Woyo Eatery.

Des conséquences déjà perceptibles

L’incertitude touche aussi bien les nouveaux entrants que les exploitants déjà présents. Les commandes d’équipements, les offres des fournisseurs, le recrutement et la préparation de la saison deviennent difficiles à engager sans savoir qui exploitera quel emplacement. Ces difficultés avaient été évoquées publiquement avant le conseil communal du 29 octobre. Le retrait du rapport du jury pèse également : la commune ne se contente pas de geler les signatures, elle retire aussi le document qui fondait les résultats.

Aucun chiffrage consolidé des dépenses déjà engagées, des pertes éventuelles ou des indemnisations possibles n’a été publié à ce stade. La commune confirme seulement qu’aucun contrat de concession n’avait encore été signé.

© DR/Shutterstock.com

Le printemps 2027 apparaît lui aussi menacé. Selon la VRT, une ouverture des bars pour les vacances de Pâques paraît désormais très compromise, car les projets doivent encore franchir les procédures de permis et préparer leur montage. Les vacances de Pâques 2027 se déroulent du 29 mars au 11 avril. Les informations disponibles portent sur un retard probable au printemps, sans établir que tout l’été 2027 sera dépourvu de bars de plage.

Une bataille politique et des pistes encore floues

Gaëlle Six reproche à l’exécutif d’avoir communiqué les résultats trop tard et de ne pas avoir donné aux exploitants une perspective suffisamment claire. Elle a proposé de prolonger les concessions existantes d’un an afin de dégager du temps. L’échevin compétent, Bert De Brabandere, a écarté cette proposition. Selon lui, la convention avec MDK arrive à son terme et le nouveau cadre impose une mise en concurrence. Il affirme aussi que les trois problèmes soulevés par le Conseil d’État, à savoir le prix, l’urbanisme et la durée, n’avaient pas été dénoncés comme tels par l’opposition au conseil communal.

À ce stade, la commune n’a publié ni calendrier définitif ni solution arrêtée. Elle annonce une réflexion sur les suites à donner. Plusieurs pistes apparaissent dans les documents disponibles. La commune pourrait réévaluer les candidatures existantes, à partir des propositions déjà déposées, ce qui supposerait de corriger l’examen financier et urbanistique. Elle pourrait aussi reprendre plus largement la procédure, ou organiser une transition, option que l’échevin a rejetée. Enfin, elle pourrait ouvrir les emplacements plus tard dans la saison.

Le retrait ne rend pas automatiquement leur place aux anciens exploitants. Six exploitants historiques avaient perdu leur emplacement en août : Albertstrand, Yssi’s Beach, Beach Number One, Lekkerbek Beach, Beaufort et Blue Buddha Beach. Albertstrand, qui célèbre son centenaire en 2026, a vu ses clients organiser une collecte pour soutenir l’établissement après son éviction. Les anciens exploitants peuvent concourir à nouveau, mais n’ont pas de droit automatique à l’emplacement.

La difficulté ne se limite pas à refaire des additions. Si un concept doit être nettement réduit pour respecter l’urbanisme, son attractivité, son budget et sa capacité à payer la redevance promise peuvent changer. Les critères sont donc interdépendants, et c’est précisément l’un des points relevés par le Conseil d’État. Le conseil communal devra trancher sur la suite de la procédure, condition préalable à toute reprise de la saison 2027.

Photo de couverture : © DR/Shutterstock.com

Trente-deux ans après la participation de son père, le prince Aymeric monte sur le podium des 24H 2CV

Chroniques royales

Samedi à Spa-Francorchamps, le prince Laurent a donné le départ des 24H 2CV, une course qu’il avait lui-même disputée en 1994. Avec la princesse Claire, il était venu soutenir leur fils cadet, le prince Aymeric, engagé pour la première fois dans l’épreuve. Dimanche à 17 heures, la Dyane n° 14 du jeune pilote franchissait la ligne en deuxième position.

Gala Erasme 2026

Vie mondaine

Le Domaine des Templiers à Wavre a accueilli la Soirée de Gala du Fonds Erasme dans un cadre raffiné et une ambiance particulièrement festive. Organisé tous les deux ans, ce rendez-vous caritatif incontournable a pour vocation de soutenir la recherche médicale en récoltant des fonds destinés au financement des projets d’excellence en recherche médicale, au profit des patients de l’Hôpital Érasme (H.U.B). © Constance Le Hardÿ de Beaulieu

28/06/2026

Le Zoute de Thomas de Bergeyck

Voyage, Évasion & Escapade

Il est homme de télé et de radio, animateur, chroniqueur, modérateur, master of ceremonies, journaliste — notamment pour L’Eventail — et expert du gotha. Mais rien n’y fait, ce qu’on retient de lui après l’avoir rencontré, c’est sa sympathie, sa classe, son humanité, sa gentillesse et sa politesse. Thomas de Bergeyck aime la Belgique, Bruxelles et… Knokke-Le-Zoute. Et c’est ici qu’il vient se ressourcer dans la vie trépidante qu’il mène en homme de médias.

Tous les articles

Tous les articles