• HLCÉ

Japon : le Saké au service de la gastronomie

Martin Boonen

25 May 2018

© DR

Alors que L'Eventail du mois de mai part à la découverte de Tokyo, la magnétique (disponible actuellement en librairies ou sur tablettes ici), Eventail.be se penche sur l'une des traditions millénaires du Japon : le saké. En particulier, sur les liens très étroits qu'il peut entretenir avec la gastronomie.

En Europe, on connait peu le saké japonais et on n'a pas l'habitude d'en consommer. Pis, on a même tendance à le confondre avec son homonyme chinois : un alcool fort, distillé et offert comme digestif dans les restaurants asiatiques. Le saké japonais quant à lui est une boisson issue de la fermention du riz. Titrant entre 13 et 17°, il se déguste comme un vin et se consomme tout au long du repas.

 
© DR

L'origine du saké au Japon remonte au IIIe siècle ! À l'époque, la saccharification (l'étape qui permet de transformer l'amidon contenu dans un grain de riz en sucre) est obtenue grâce à la salive. Les céréales étaient littéralement mâchées avant d'être fermentées par les levures (qui, elles, transforment le sucre en alcool). Il faut attendre le XIIe siècle pour découvrir que le koji-kin (champignon microscopique, sorte de moisissure noble) a le même effet que la salive. À partir de ce moment-là, le saké cesse d'être mâché.

 
Le saké japonais est élaboré à partir d'une variété particulière de riz © DR

Les catégories de saké sont nombreuses et dépendent avant tout des méthodes de production. En plus des quatre ingrédients de base (riz, eau, koji-kin et levures), des centaines de critères entrent en compte pour obtenir le résultat final.

 
 © Kent Wang CC BY

Que l'on aime la fraîcheur d'un saké moderne et fruité, ou que l'on apprécie le caractère d'un saké traditionnel servi chaud, le saké japonais se découvre tantôt raffiné et subtil, tantôt riche et complexe, tel un grand cru. Bref, il y en a pour tous les goûts et toutes les occasions.

D'accord, mais le saké a-t-il vraiment de quoi détrôner les meilleures appellations bordelaises ou bourguignonnes de nos tables. Peut-être...
Le saké possède un argument de poids à opposer aux plus beaux millésimes de Bordeaux : un taux de glutamate (un puissant exhausteur de goût) quatre fois plus élevé que dans le vin rouge.
De quoi regarder d'un autre oeil le food pairing (les associations gustatives entre une boisson et un mets).

 
 © Shinsuke JJ Ikegame CC BY


« Le saké, contrairement à un vin par exemple, ne prend jamais le pas sur le mets avec lequel il est associé. Il se met, en revanche, à son service pour en faire ressortir toutes les subtilités » explique Frédéric Habay, Saké sommelier SSA.
« Un saké peut sublimer un plat, mais un plat ne va jamais souligner le saké qui l'accompagne. C'est la raison pour laquelle on considère souvent que le saké est une boisson de chef, et non de sommelier » précise-t-il encore.

 
Frédéric Habay, saké sommelier SSA © DR 

Avec une telle armada d'acides aminés, le saké japonais est même une porte d'entrée fabuleuse pour découvrir l'umami : la cinquième saveur.
Identifiée par Brillat Savarin en 1848, isolée par le professeur Kikunae Ikeda en 1908, l'umami se distingue des autres goûts (sucré, salé, amer et acide) par son côté enrobant, sa persistance, et surtout sa capacité à nous faire saliver.

 
 © DR

L'umami, c'est l'excitation de nos papilles pour un goût savoureux (la sensation de plaisir gustatif que révèle une bonne viande grillée, un plat aux truffes, des fruits de mer, de l'ail, du parmesan...
Dans les accords mets-sakés, le jeu consiste à sublimer la nourriture, à révéler cet umami.

Et vous, que servirez-vous à vos invités lors de votre prochain dîner ?

 
 
La cave de Rob présente une superbe sélection de différents sakés japonais.
N'hésitez pas à demander conseil au sommelier pour savoir comment accompagner votre prochain dîner.
www.rob-brussels.be/sake
 

Cire Trudon

Boutiques

Maison fondée en 1643, cette enseigne historique réinventée séduit aujourd’hui les amateurs de bougies parfumées grâce à ses créations raffinées au succès intemporel.

Paris

Stage pour mini designer

Arts & Culture

Le Design Museum Brussels propose un stage créatif pour les 8-12 ans, mêlant découverte de l’Antiquité et expérimentation artistique pour éveiller l’imagination des jeunes designers.

Belgique

Du 04/05/2026 au 08/05/2026

Publicité

Big Meals : après la mode des sharing plates, Christophe Hardiquest réinvente la cuisine à partager

Gastronomie & Oenologie

Au Petit Bon Bon, installée dans l’écrin du Corinthia Grand Hotel Astoria, Christophe Hardiquest, chef étoilé chez Menssa, lance les Big Meals : un concept qui oppose à l’émiettement des sharing plates la générosité d’une cocotte fumante posée au centre de la table. En partenariat avec Le Creuset, cette initiative renoue avec les racines même du repas partagé. Un retour aux sources qui conjugue la mémoire familiale commune et le savoir-faire gastronomique d’un des plus grands chefs de la capitale.

Tous les articles

Publicité

Tous les articles