François Didisheim
08 September 2026
À en juger par l’attention du public, personne n’était venu uniquement pour le cocktail : le sujet avait de quoi tenir éveillé les esprits les plus aguerris. Amid Faljaoui, modérateur des débats, a conduit les échanges avec ce mélange de curiosité, d’impertinence et de précision qui contraint à quitter les réponses toutes faites. Car derrière les promesses de productivité se dissimule une question autrement plus vertigineuse : demain, entre l’humain et l’IA, qui décidera ? David Clarinval, Vice-Premier ministre et ministre de l’Économie et de l’Emploi, a replacé l’enjeu dans sa dimension politique, rappelant que l’innovation, la compétitivité, la régulation et la souveraineté européenne devront avancer de concert. Anthony Bochon, nouveau président du Cercle Royal Gaulois, a pour sa part souligné combien l’intelligence artificielle constitue désormais un sujet de société majeur, y compris au sein de la communauté du cercle.
Sur le podium, les expertises se sont croisées avec un panel d’intervenants avertis : Guillaume Duchesne, Head of Management à la Banque Transatlantique Belgium, Amaury de Potter d’Indoye, Sales Director chez Utmost Belgium & Luxembourg, Michaël Marque, Director of Business Development chez Puilaetco, Joël Duysan, CEO de Beebonds, Brice Boland, Managing Partner de Square Management, et Frédéric de Mévius, Executive Chairman de PlanetFirst. Tous ont confronté leurs expériences et leurs visions. Un constat s’est rapidement imposé au fil des interventions : l’IA ne frappe plus à la porte de la finance, elle est déjà dans la maison. Elle analyse, trie, détecte, anticipe et accélère, libérant les professionnels de tâches chronophages. Une bonne nouvelle pour ceux qui rêvaient secrètement de ne plus passer leur vie dans Excel.
Jusqu’où confier les clés à l’intelligence artificielle ? Peut-on déléguer une décision de crédit, un investissement ou l’évaluation d’un risque sans savoir précisément comment la machine raisonne ? Et surtout, qui répond lorsque l’algorithme se trompe ? Car l’IA n’est pas infaillible. Le banquier, le développeur, le régulateur : à qui incombera la responsabilité ? Cette fameuse « intelligence » ne comparaîtra jamais devant un conseil d’administration ni devant une assemblée générale. La soirée du 2 septembre aura rappelé que la révolution de l’IA sera moins une affaire de machines que de responsabilité humaine. La technologie peut calculer plus vite que l’esprit humain. Reste à savoir si elle saura, un jour, douter aussi bien que lui. C’est peut-être là que se situe le meilleur avantage compétitif du secteur. Une chose est acquise : la finance survivra à l’IA. Mais elle devra apprendre à composer avec elle.
Sur le même sujet, découvrez le dernier podcast de François Didisheim, CEO de High Level Communication & L’Eventail, sur BXFM Radio :
Article inspiré par la newsletter de Lobby du 4 septembre écrite par Françoise Wallyn et François Didisheim, fondateur de Lobby. Retrouvez la revue des cercles du pouvoir, ici