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Au Festival d’Udine, une comédie coréenne et un road movie chinois

Far East FestivalIntimate strangersPerfetti SconosciutiUdine

Rédaction Eventail

01 May 2019

Far East Film Festival 19

[caption id="attachment_21849" align="alignnone" width=""]Crossing the border[/caption]"Chacun de nous a une existence compartimentée : nous avons une vie personnelle, une vie publique et une vie secrète" : cet axiome figure en tête d' "Intimate Strangers", une comédie sud-coréenne projetée au Festival du film asiatique d'Udine.

 Il s'agit d'un remake du film italien "Perfetti Sconosciuti" (2016) dont le succès avait été tel qu'il a rapidement suscité des adaptations dans plusieurs pays, notamment en France (Le Jeu, 2018). L'idée de base est à la fois simple et efficace. Dans une soirée où se retrouvent quelques couples de la haute bourgeoisie, la maîtresse de maison propose un défi : chacun et chacune déposera son téléphone mobile sur la table en consentant à ce que toute conversation ou message sera lu(e) ou écouté(e) de tous. Comme on peut s'y attendre, le jeu débouche sur l'aveu forcé des secrets les plus inavouables : les masques tombent et l'hypocrisie de la société bourgeoise se trouve crûment dévoilée. Ce tableau de mœurs a trouvé son public : "Intimate Strangers" a fait cinq millions d'entrées en Corée du sud ! Le film est une surprise pour nous, car jusqu'ici notre image du cinéma sud-coréen était limitée à deux types de productions : soit des récits à connotation sociale ou politique, avec une dose fréquente de violence, soit des drames psychologiques où les sentiments sont exacerbés.

 
 Intimate stranger - Far East Film Festival


A ce jour, une des meilleures surprises du Festival a été "Crossing the Border", le deuxième long métrage du jeune cinéaste chinois Huo Meng (né en 1984). Ce road movie tout en finesse et sans aucun épisode spectaculaire nous raconte le voyage d'un grand-père et de son petit-fils à travers quelques provinces de la République populaire. Le vieil homme décide de rendre une dernière visite à un ami malade qu'il n'a plus vu depuis très longtemps, et il embarque le jeune garçon à bord d'un tricyle motorisé qui se révèle un moyen de locomotion bien improbable.

L'essentiel du récit tient dans la relation qui se développe entre ces deux personnages, et surtout dans les rencontres qui jalonnent leur parcours. A travers des scènes souvent teintées d'humour, c'est toute une image de la Chine actuelle qui se révèle à nous. Mais à la différence des films d'un Jia Zhangke, ce ne sont pas des rapports humains marqués par la dureté, la recherche du profit voire la violence que nous voyons ici : c'est plutôt une humanité où certaines valeurs d'altruisme et de générosité n'ont pas disparu. Attention : le cinéaste ne verse pas dans l'angélisme et ne dépeint pas une Chine d''où les conflits seraient absents. Très subtilement, il fair affleurer dans son récit les souvenirs de traumatismes collectifs comme la campagne anti-droitière, le Grand Bond en avant et la révolution culturelle. Mais son film est imprégné d'une tendresse et d'un amour de la vie qui le rend terriblement émouvant. Puisse-t-il attirer l'attention d'un distributeur et apparaître un jour sur nos écrans !

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