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En direct de Cannes : vers une Palme d'Or disputée ?

CinémaFestivalFestival de CannesFilm

Corinne Le Brun

23 May 2023

La compétition bat son plein, sous les paillettes et …le soleil. Déjà, des films se démarquent… pour une Palme d’or ?

En avoir ou pas ? La course au ticket ne faiblit pas, tant les places restent presque inatteignables. Les stars, elles, sont accessibles. Pas de Festival sans son florilège de légendes. Avec l’impressionnant Killers of the flower moon, “Marty” Scorsese et ses acteurs, Leonardo DiCaprio et Robert De Niro, ont créé l’événement sur la Croisette. Son film – hors compétition – en forme de fresque, inspiré d’une enquête du journaliste David Grann, suit les malheurs d’une tribu indienne en Oklahoma. Les Osages étaient dotés d’une fortune importante, leurs terres se trouvant sur le plus grand gisement de pétrole du pays. De quoi attirer les convoitises des Blancs. Scorsese réveille les vieux démons de l’Amérique. Du grand cinéma. Leonardo DiCaprio joue les imbéciles inquiets, De Niro un parrain crapuleux. Le réalisateur a reçu une ovation de plus de neuf minutes lors de sa présentation officielle.

Encore un joli duo de femmes signé Todd Haynes: May December réunit Julianne Moore et Natalie Portman. Le réalisateur américain y interroge le travail du comédien, à travers deux actrices à Hollywood.

Pas de festival sans surprise. Il l’a répété qu’il n’en revenait pas. Très ému, Harrison Ford a reçu une Palme d’honneur pour l’ensemble de sa carrière, juste avant la projection du très réussi Indiana Jones et le cadran de la destinée, dernier volet de la saga. À 80 ans, l’acteur fait un retour très remarqué.

Harisson Ford et sa Palme d'or d'honneur

© Doug Peters/PA Wire

Palmes d’or en vue

À mi-parcours du Festival, les premières chances de remporter des prix se dessinent. Jeunesse nous plonge dans le quotidien de jeunes ouvriers de la confection. Wang Bing a suivi ces filles et garçons de vingt ans s’échinant au travail dans des ateliers à Shanghai, citée dédiée à la confection textile. Sidérant. Un documentaire auréolé d’une Palme d’or ? Pourquoi pas !

On mise aussi sur The zone of interest. Le Britannique Jonathan Glazer adapte le roman de Martin Amis (décédé le 21 mai dernier) sur le nazi Rudof Höss qui avait installé sa famille à côté du camp d’Auschwitz-Birkenau. Glaçant. Le film s’ouvre sur une scène bucolique où parents et enfants partagent des moments joyeux dans leur jardin entouré de bouleaux. La vie ordinaire, comme si de rien n’était. La grand-mère effectue une visite. Le commandant célèbre son anniversaire… Où est le mal ? On ne verra jamais ce qui se déroule de l’autre côté du mur séparant la maison familiale des baraquements. Seuls s’échappent la fumée de la cheminée du crématoire, les cris des gardiens et des prisonniers, les aboiements des chiens. Un vacarme insoutenable. Une Palme d’or potentielle.

Jonathan Glazer à Cannes

Jonathan Glazer © Jacovides-Moreau/Bestimage

Les étranges bruits de tam tam de Club Zéro de Jessica Hausner pourraient bien, eux aussi, rafler la mise. Au cours de cérémonies secrètes, des adolescents d’un pensionnat d’élite arrêtent de manger pour sauver la planète et rejoindre le Club Zéro, sous l’emprise d’une enseignante en nutrition aux pratiques novatrices.

Les herbes sèches de Nuri Bilge Ceylan évoque le destin enseveli sous la neige de deux enseignants dans un village reculé dans l’est de la Turquie. Le vent souffle, l’horizon est bouché. Arrive une jeune femme professeure comme eux. Le réalisateur turc, palmé en 2014 pour Winter sleep, poursuit ici son étude de la condition humaine en suivant un professeur aux idéaux déchus. Un film lumineux, sublime ! Mais Justine Triet pourrait aussi prétendre à la récompense suprême pour Anatomie d’une chute, un film de procès sur fond de drame familial. Sandra Hüller (qu’on a vue dans The zone of interest) pourrait-elle récolter le prix d’interprétation féminine ?

Deniz Celiloglu, Nuri Bilge Ceylan, Merve Dizar, Musab Ekici © Photo News

Les cartes peuvent être rebattues d’ici la fin du Festival. Le plus rock and roll des cinéastes et une brochette de stars ont foulé le tapis rouge avant de présenter Asteroïd. À l’affiche, Scarlett Johansson, pour la première fois à Cannes, Tom Hanks et Tilde Swinton, habituée de la Croisette. Du cinéma XXL. Verdict, samedi.

Photo de couverture : © Olivier Borde/Bestimage 

Dans la Cour des Grands : Demain, je serai Grand-Duc

Chroniques royales

Le soleil est écrasant ce matin. Nous sommes samedi, il n’est que 8 heures et le mercure accroché au mur de la Tour Sarrasine, notre maison de famille indique déjà 23 degrés. J’ai choisi de me rendre au marché de la Favière. Ici à Bormes-les-Mimosas, c’est une institution. J’ai envie de goûter une olive noire. Sentir un citron et respirer le parfum du romarin frais. J’ai envie de solitude. De normalité. Je m’appelle Guillaume et dans deux mois, je dirigerai mon pays.

Wim Ricourt

Arts & Culture

Artiste belge reconnu pour ses œuvres poétiques inspirées du quotidien, Wim Ricourt (Zelzate, 1963) est un peintre dont les œuvres, d’abord à l’huile sur toile, explorent des sujets aussi naturels que des paysages, des vaches ou encore des bouquets luxuriants.

Belgique, Knokke-le-Zoute

Du 08/08/2025 au 31/08/2025

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"Flow" : l'anti-Disney ?

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Le film d’animation muet “Flow, le chat qui n’avait plus peur de l’eau” enchante par la beauté du dessin et la subtilité de son propos. Réalisé par le Letton Gints Zilbalodis, le film (coproduction belge) a remporté le Golden Globe du Meilleur film d’animation. Il figure désormais parmi les favoris pour les Oscars, sous la bannière de la Lettonie et comme candidat dans la catégorie Meilleur film d’animation. Autant de bonnes raisons d’aller s’immerger en compagnie du charmant petit chat noir. Rencontre avec Gints Zilbalodis.

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