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Marcel Croës

25 April 2022

La hall du Udine Far East Film Festival

En réalité, on a assisté à une avalanche d’inscriptions : plus de 400 films ont été soumis à la commission de sélection. La dynamique présidente du Festival, Sabrina Baracetti, a pu parler d’une véritable explosion créatrice. Plus que jamais, ajoute-t-elle, les producteurs et distributeurs reconnaissent qu’Udine est une plateforme de lancement indispensable si on veut accéder au marché occidental.

Sabrina Baracetti

Sabrina Baracetti, présidente du FEFF © 2022 Luca Chiandoni

J’ajouterai – et je l’ai vérifié dès mon arrivée – que rien ne vaut l’émotion de se retrouver devant un grand écran en compagnie de mille spectateurs enthousiastes. La singularité du FEFF (Far East Film Festival) tient aussi au fait que tous les genres cinématographiques y sont représentés, sans aucune discrimination. À la différence de Cannes, Berlin ou Venise, voués traditionnellement au cinéma d’auteur, ici tout est proposé au public, de la science-fiction au thriller en passant par le mélodrame, la comédie sentimentale, le documentaire ou le musical.

Le cinéma où sont projeté les files du FEFF

© 2022 Alice BL Durigatto

Bien sûr, cette édition 2024 reflète une situation sanitaire et/ou géopolitique inhabituelle. Peu d’artistes ou de producteurs chinois ont fait le voyage, dans la mesure où leurs déplacements à l’étranger sont sévèrement  restreints. Et les films de Hong Kong évitent des allusions trop ouvertement politiques ou sociales, compte  tenu du contrôle renforcé de Pékin sur le territoire. En revanche, la vitalité du cinéma sud-coréen s’affirme plus que jamais d’une manière éclatante.

Première bonne surprise du week-end : Twelve Days, sixième long métrage (scénario et réalisation) de la cinéaste hongkongaise Aubrey Lam. En 90 minutes, découpé en douze épisodes, le récit des hauts et des bas dans la relation d’un jeune couple dont nous voyons le mariage dès la première séquence. Enthousiasme initial, petits malentendus, incidents qui s’enveniment, absence de dialogue, désir en panne, usure du quotidien, hostilité, projet de divorce… La mise en scène est impeccable, les deux acteurs sont parfaits dans leurs rôles et le film se situe entre l’âpreté d’un Bergman ( Scènes d’un mariage) et la mièvrerie d’un Lelouch. Conclusion désabusée de la réalisatrice : dans un mariage, après la passion il reste l’habitude…

Photo de couverture : © 2022 Alice BL Durigatto

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Udine 2022

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