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"La Fille de son père", un ménage à deux

Céleste BrunnquellCinémaErwan Le DucFilmInterview

Corinne Le Brun

05 June 2024

Dans son deuxième long métrage, Erwan Le Duc met en scène un père et sa fille. Après dix-sept de vie commune, Etienne (Nahuel Perez Biscayart) et Rosa (Céleste Brunnquell) doivent se séparer pour grandir chacun de leur côté

Flash-back. Etienne est heureux. Il va être papa. Mais Valérie, la jeune maman prend peur. Elle part garer la voiture et ne revient jamais, laissant Étienne seul avec Rosa, leur fille, âgée de quelques mois. Dix-sept ans plus tard, le père et la fille sont liés par une immense affection. Rosa fait des études artistiques à Metz. Etienne, son père, n’hésite pas à faire des allers-retours. Un étrange sentiment de perte de l’autre flotte dans ce couple peu ordinaire. Par hasard, ils entraperçoivent à la télévision Valérie, la maman et l’ex d’Etienne. « C’est peut-être ma mère, mais je ne suis certainement pas sa fille », tranche Rosa. Dans cette comédie sentimentale délicate et pétillante, Céleste Brunnquell est une adolescente rebelle, tendre, tout en conservant une émouvante fantaisie enfantine. La jeune comédienne de 23 ans nous parle d’adolescence, de paternité et de Maria Schneider.

Eventail.be – En réalité, La fille de son père pouvait avoir pour titre Le père de sa fille
Céleste Brunnquell – Je suis d’accord. Le film pouvait s’appeler la fille de son père, le père de sa fille, la copine du père de la fille… L’expression « la fille de son père » signifie aussi une fille qui est proche de son père. Mais c’est vrai que Rosa n’est pas la fille de sa mère, elle le dit clairement. Même s’ils sont d’une génération différente, le père comme la fille sont traversés par une émotion assez similaire. Il y a une sorte de quête d’émancipation dans tous les sens qui peut s’appliquer à tous les personnages.

Rosa (Céleste Brunnquell) © DR

– Comment vous êtes-vous approprié ce rôle d’adolescente, dans une relation fusionnelle avec un père ?
Je n’ai pas eu l’impression d’avoir à roder autour du rôle pour pouvoir l’approcher. On a beaucoup travaillé ensemble pour trafiquer quelque chose de très artificiel, c’est une image, bien sûr (rire). En tant qu’adolescente tout le temps, j’ai pu exprimer des choses très instinctives. Finalement, je n’ai pas trop la main sur cette relation. On essaie juste de la rendre assez ludique à partir du texte et des tas d’essais. Mais après, ce qui est intéressant dans le film, c’est que justement, on ne raconte pas l’histoire d’un père et d’une fille classique. Rosa provoque le père. Et lui, aussi, la provoque. Il y a une sorte d’amitié. C’est autant le père qui élève la fille que la fille qui élève le père. Les deux s’occupent l’un de l’autre. Le film raconte le lien entre les deux et comment ils grandissent ensemble et s’élèvent l’un l’autre.

– Diriez-vous que grandir, c’est renoncer ?
C’est une des phrases du film. Forcément, on se prive de certaines choses. Il y a l’histoire d’un deuil à faire. Tous les changements brutaux font peur. Accepter de grandir, c’est quelque chose de très violent. En même temps, quand tu grandis tu oublies des choses et tu en apprends d’autres. C’est l’histoire de deux personnages qui changent de peau. La peau, c’est la maison. Ce serait triste de ne pas renoncer.

© DR

– Qu’est-ce qui vous a plu dans le personnage ?
Déjà, c’était déjà énorme pour moi d’avoir lu ce scénario. Tous les personnages m’ont plu. Et forcément, celui de Rosa. Youssef, le petit ami de Rosa invite à « vivre plus musicalement », à se lever un peu la tête de l’eau, à y aller. Cet élan-là, tout ce qui se passe dans les détails, me nourrissent énormément. Erwan (Le Duc, le réalisateur, ndlr) m’avait montré les films d’Aki Kaurismäki où les choses sont faites avec profondeur à travers un geste. Chaque scène est complète.

– Justement, vous y allez fort dans la dispute de Rosa avec son père
On a essayé de chorégraphier quelque chose. C’est la scène la plus dure, que j’ai passée en casting. Erwan savait que ce rôle était particulièrement difficile parce qu’il y avait beaucoup de textes. Pour la faire passer naturellement, il fallait utiliser le texte, le tirer, le jeter… Rosa parle beaucoup et Etienne encaisse. Je ne sais pas si c’était difficile à jouer. En tout cas, je m’y suis mise avec application.

– Vous jouez dans Maria, le biopic de Maria Schneider (1)
J’avais entendu cette histoire bien célèbre du Dernier tango à Paris. Je n’ai vu Maria Schneider que dans un seul film, Sois belle et tais-toi de Delphine Seyrig (1976) où je la voyais parler justement de tous ces rapports de pouvoir, de sa place, à elle. Elle parlait des films qu’elle aimait. J’étais tombée complètement amoureuse d’elle. Et dans Maria, je joue son amoureuse.

(1) : Maria de Jessica Palud avec Anamaria Vartolomei, Matt Dillon sortira en salles le 19 juin 2024.

Les diadèmes d’Amalia

Chroniques royales

Dans une biographie écrite par Claudia de Breij en 2021, Catarina-Amalia s’est ainsi confiée : « J’adore les diadèmes…Montrez-moi un diadème, et je sais d’où il vient. Je reconnais tous les diadèmes d’Europe. » Elle a alors ajouté : « Je les portais, ceux de ma mère. Il y en avait un sur sa coiffeuse, et puis je l’ai mis directement sur ma tête » et une photo inédite confirmait cette passion naissante alors que la fille aînée des souverains néerlandais n’avait que huit ans ! Et si les jeunes filles ont coutume de se parer de bijoux en strass pour devenir princesse d’un jour, Amalia, elle, pouvait admirer les plus belles parures versées au fil des ans par les reines successives à l’un des plus précieux ensembles au monde. Toutefois, afin de respecter les us et coutumes, elle a dû attendre de fêter ses 18 ans pour coiffer un diadème en public de façon on ne peut plus officielle. Et pour cette première, elle a choisi celui que sa mère, la reine Maxima, avait arboré le jour de son mariage.

Informations supplémentaires

Film

La Fille de son père

Réalisation

Erwan Le Duc

Distribution

Nahuel Perez Biscayart, Céleste Brunnquell, Maud Wyler

Sortie

En salles

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