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Paloma Sermon-Daï : « J’avais envie de faire un film lumineux »

CinémaFilmInterviewMade in Belgium

Corinne Le Brun

10 April 2024

Avec « Il pleut dans la maison », Paloma Sermon-Daï signe un premier long métrage de fiction. Avec une narration douce et âpre sur le passage de l’adolescence à l’âge adulte, la cinéaste belge raconte le quotidien d’une fratrie, entre tendresse et survie. « Il pleut dans la maison » a remporté le Prix French Touch du Jury (Semaine Internationale de la Critique 2023). Rencontre avec Paloma Sermon-Daï.

Livrés à eux-mêmes, Purdey, dix-sept ans, et son frère Makenzy, quinze ans, tentent de se débrouiller seuls. Pendant les vacances d’été, Purdey fait des ménages dans un complexe hôtelier. Makenzy vole des touristes pour se faire un peu d’argent. La maison familiale au bord des Lacs de l’Eau d’Heure est dans un piteux état. C’est pourtant là que les deux ados vont trouver refuge.

Eventail.be – Qu’est-ce qui vous a poussé à réaliser une fiction après deux documentaires (1) ? 
Paloma Sermon-Daï – J’avais encore plein de choses à dire sur ma région, sur la façon dont j’ai grandi et ce que j’ai pu observer. J’avais envie de passer par la narration, par l’écriture pour prendre un pas de recul, pour pouvoir mettre un peu de moi-même, des gens que j’ai connus tout en faisant un film sur la jeunesse wallonne.

© DR

– Les deux adolescents, Makenzy et Purdey, vous rappellent-ils votre jeunesse en Wallonie ?
Ce sont des jeunes de maintenant. Ils ont des téléphones, ils sont modernes, ils ont accès à plus de contenus… On sent que c’est notre époque. Mais, en même temps, ils pourraient être des jeunes d’il y a vingt ou même quarante ans. Quelque chose de commun existe dans ces étés de l’adolescence et je pense que cela ne va pas forcément changer. Des touristes passent leurs vacances d’été sur les Lacs de l’Eau d’Heure. L’endroit attire un nouveau public.

© DR

– Ces deux mondes se confrontent…
Oui, je crois qu’au départ, Purdey et Makenzy ne s’en rendent pas forcément compte mais c’est un petit peu l’été où ils deviennent un peu adultes avant l’heure, ils devoir prendre des décisions. Continuer les études ? Travailler ? Quoi faire dans la vie ? Petit à petit, dans le film, ils sont confrontés à ces questions. Et ils se rendent compte qu’ils n’ont pas forcément la même chance que les autres. Purdey va essayer de construire sa vie. Makenzy sera plutôt dans la colère, ce qui n’est pas forcément négatif. Parfois, il faut passer par la rage pour avoir envie de se battre pour d’autres choses.

– Makenzy veut rester alors que Purdey désire partir. Que représente la maison pour eux ?
La maison est un personnage du film. Elle est à la fois, un refuge, un cocon même si Purdey n’invite pas son petit ami chez elle. On sent qu’ils sont un peu gênés de cette maison. Ils en ont honte. Et, en même temps, ils l’ont eue en héritage de la grand-mère. Ils espèrent aussi retrouver un quotidien équilibré avec la maman. On imagine qu’ils ont eu des beaux moments. Il y a quand même cette loyauté aussi de la famille qu’on se crée, quelque part, pour affronter les difficultés. Je ne voulais pas enfermer les personnages dans une détresse. J’avais envie de faire un film lumineux, qu’il y ait des moments où on respire. Comme les deux adolescents.

– Vous mettez en scène Makenzy et Purdey Lombet. Pourquoi ?
En fait, au départ, quand je commençais à écrire, je ne pensais pas forcément travailler avec eux. Je les avais déjà réunis dans mon court-métrage Makenzy. Purdey est ma nièce et la demi-sœur de Makenzy. Ils s’entendent bien mais ils ne vivent pas ensemble. Ils se sont beaucoup retrouvés pour le film. Pour moi, le grand défi était de filmer un frère et une sœur. J’ai pris une année avec eux avant de tourner le film pour les préparer, pour répéter énormément avec eux, pour improviser des choses, pour vraiment écrire les dialogues avec leurs paroles. Et ce qui était le plus difficile pour eux, c’était de s’asseoir et de se regarder dans les yeux. Le film travaille aussi sur le silence, sur ce qu’on n’arrive pas à se dire. La relation entre un frère et une sœur est particulière, complexe.

(1) : Makenzy (2017) et Petit samedi (2020), Magritte du meilleur documentaire en 2022

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Du 23/04/2026 au 07/06/2026

Informations supplémentaires

Film

Il pleut dans la maison

Réalisation

Paloma Sermon-Daï

Distribution

Makenzy Lombet, Purdey Lombet, Donovan Nizet

Sortie

En salles

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