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La musique des 30 dernières années n'aurait pas été la même sans Daft Punk

Maxime Delcourt

03 March 2021

© DR/Daft Punk

Plutôt que de pleurer la séparation du duo casqué, certainement l'un des plus influents à l'international, prenons le temps de nous rappeler la façon dont Thomas Bangalter et Guy-Manuel de Homem-Cristo ont bousculé les codes de la pop music ces trois dernières décennies.

Nous sommes en 2013. Après huit ans d'absence, Daft Punk signe son grand retour avec Random Access Memories, un quatrième album studio qui, s'il fait danser les foules du monde entier, décontenance les fans de la première heure avec ce son rétro, ouvertement disco. À l'époque, beaucoup prétendent que le duo Versaillais regarde pour la première fois en arrière. C'est pourtant tout l'inverse qui se passe : depuis la sortie de ce disque, on ne compte plus en effet le nombre d'artistes qui ont tenté de dupliquer ces guitares groovy, de surfer sur une vague disco plus que jamais prête à inonder la pop music des années 2020. Myd, Parcels (avec qui Daft Punk a collaboré), L'Impératrice, Yuksek, Calvin Harris : tous puisent dans la même sève créative que les deux français.

C'est là toute la force et l'intelligence de Thomas Bangalter et Guy Manuel de Homem Cristo : avoir toujours eu un temps d'avance sur les tendances de l'époque, sans jamais oublier pour autant de rendre hommage à leurs modèles (« Teachers », où ils énoncent les différents artistes qu'ils admirent, est en cela un cas d'école). Impossible ainsi de penser à Daft Punk sans songer illico à tous les artistes qui, de près ou de loin, ont trouvé l'inspiration dans les innovations stylistiques de Homework ou Discovery. Il y a déjà cette fameuse French Touch 2.0 qui, depuis le mitan des années 2000, revendique une filiation évidente avec ses ainés (Justice, Sébastien Tellier, Kavinsky, Woodkid, etc.).

Il y a aussi des stars du hip-hop qui, de Kanye West à Pharrell, en passant par The Weeknd ou Jay-Z, n'ont jamais hésité à signifier leur admiration pour les deux « Frenchies » : certains allant jusqu'à sampler leur travail ; d'autres (le 113, notamment), collaborant directement auprès d'eux. Il y a enfin cette façon de prôner l'indépendance, malgré une popularité grandissante qui aurait fait perdre la tête à bien d'autres.

À l'inverse, les Daft ont prouvé qu'il était possible de jouer en tête d'affiches à Coachella, de caracoler dans les charts américains ou de faire la Une de multiples magazines anglo-saxons tout en restant maître de sa musique, tout en continuant à la mettre au premier plan

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