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Artus Quellin, sculpteur royal

Maison d'Orange-NassauNews Gotha

Christophe Vachaudez

04 August 2025

À l’occasion des 750 ans d’Amsterdam, le Palais du Dam a organisé une exposition en collaboration avec le Rijksmuseum pour mettre à l’honneur un artiste majeur du XVIIe siècle flamand, à l’origine du remarquable programme sculpté qui décore aussi bien l’extérieur que l’intérieur de cette imposante demeure royale qui, pourtant fut construite à l’origine pour assumer le rôle d’hôtel de ville. Et c’est tout naturellement que le roi Willem-Alexander a inauguré une rétrospective tout-à-fait exceptionnelle, la première consacrée à l’anversois Artus Quellinus (1609-1688), le représentant le plus important du style baroque dans la sculpture des Pays-Bas méridionaux.

Le style style inégalé d’Artus Quellinus allie le réalisme chaleureux du baroque rubénien à la sérénité et à l’harmonie de l’art italien classique qu’il avait appris à Rome. Il s’était rendu dans la Ville éternelle pour recevoir l’enseignement de François Duquesnoy, autre sommité du monde de la sculpture. Il quitte Anvers pour Amsterdam où il s’installe en 1648. Très vite, il s’est imposé comme un observateur et un narrateur brillant dont les œuvres ont séduit un large public. En témoignent non seulement ses sculptures pour l’actuel palais, en marbre et en bronze, mais aussi ses bustes au naturel, ses impressionnantes statues de saints, ses terres cuites savamment modelées et ses ivoires raffinés.

© KPA (Koninklijke Paleis Amsterdam)

Quellinus qui portait fièrement le titre de « Sculpteur d’Amsterdam » travailla près de quinze ans dans son vaste atelier du Keizersgracht. Il devint particulièrement célèbre grâce à son importante contribution sculpturale à l’actuel palais du Dam, inauguré en 1655 comme nouvel hôtel de ville d’Amsterdam. Il y réalisa un ensemble unique qui sert aujourd’hui d’écrin à un vaste ensemble (plus d’une centaine !) d’œuvres majeures issues de musées néerlandais et étrangers, d’églises ou encore de collections privées. Des sculptures intimistes côtoient des œuvres majestueuses figurant dieux, déesses, animaux, plantes et sujets symboliques.

© KPA (Koninklijke Paleis Amsterdam)

Les bourgmestres d’Amsterdam immortalisés par Quellinus reviennent brièvement dans leur « palais » pour accueillir les visiteurs de la Salle des Citoyens. Parmi les prêts d’exception, mentionnons la statue de saint Pierre, plus que grande que nature, de l’église Saint-André d’Anvers, ou l’impressionnante fontaine représentant la déesse grecque Athena, du Musée Kurhaus de Clèves. Non content d’inspirer ses contemporains, il va stimuler les carrières de Rombout Verhulst, d’Artus II Quellinus et de Josse de Corte qui va importer le style de son mentor à Venise.

© KPA (Koninklijke Paleis Amsterdam)

Le palais du Dam qui fut construit d’après les plans de l’architecte Jacob van Campen repose sur 13659 piles. En grés de Bentheim, il illustre à merveille un style classicisant de type monumental, preuve de la puissance de la ville durant le siècle d’or. Il a conservé ses sept portes qui symbolisaient les sept provinces unies : la Gueldre, la Hollande, la Zélande, la Frise, l’Overijsel, Groningue et Utrecht. L’édifice ne devînt résidence royale qu’en 1808 quand Louis Bonaparte, le frère de Napoléon, décide d’y emménager, le meublant pour la circonstance dans le style empire. Voilà pourquoi, le palais abrite de nos jours l’un des plus importants ensemble mobilier de ce style en dehors de la France.

© KPA (Koninklijke Paleis Amsterdam)

Il est rétrocédé à la ville d’Amsterdam entre 1813 et 1815, date à laquelle le roi Guillaume Ier s’y installe. De nos jours, le roi Willem-Alexander y reçoit les hôtes de marque et y organise nombre d’événements officiels mais il n’y habite pas. L’exposition constitue assurément l’occasion de découvrir ce palais que les néerlandais, ou tout au moins les amstellodamois, considèrent comme la huitième merveille du monde !

Photo de couverture : © KPA (Koninklijke Paleis Amsterdam)

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