Maxime Delcourt

23 March 2022

Movulango

Eventail.be – Comment est née l’envie de créer votre projet solo ? Dans le sens où Movulango a un son très différent de votre autre projet, Future Sound Of Antwerp…
Mozes Mosuse – Rien ne s’est fait consciemment : j’ai juste créé un certain nombre de beats, et je me suis dit que ce serait bien de poser une voix dessus. N’ayant personne dans mon entourage pour chanter, j’ai allumé un micro et j’ai commencé à enregistrer des voix. C’était juste une idée, mais les chansons se sont améliorées avec le temps et j’ai commencé à considérer le chant de manière sérieuse. Cela dit, je n’ai pas l’impression que ce projet soit totalement déconnecté de FSOA, une chanson de Movulango a même été pensé à l’origine par Oli et moi.

– Quels défis avez-vous dû relever pour produire vos premiers titres en solo ? La peur de mal chanter, de ne pas savoir écrire correctement ?
– Je ne vois pas vraiment ça comme un défi, ou quelque chose d’effrayant. C’est juste très amusant d’explorer les différentes options qui s’offrent à moi. J’ai commencé avec de l’autotune, et c’est rafraîchissant de voir que chanter avec ma propre voix fonctionne tout aussi bien. De toute façon, je ne pense pas qu’il faille savoir quoique ce soit avant de composer : arriver les yeux bandés a beaucoup d’avantages. Et puis c’est gratifiant de se sentir grandir en tant que musicien. Il faut passer par des choses un peu nulles pour arriver à un résultat un peu plus étoffé. Et pour ça, écrire tous les jours, même si ce n’est que quelques phrases, aide vraiment.

– On ressent beaucoup d’influences différentes en écoutant vos chansons. Où puisez-vous votre inspiration ?
– C’est une question difficile, dans le sens où j’aime beaucoup de genres différents, du punk à la pop, du hip-hop au rock psychédélique, en passant par le blues et le krautrock. Il y a tellement de groupes et d’artistes qui ont eu une sorte d’influence sur moi.

La pochette de l'album de Movulango

© DR

– Qu’en est-il de votre processus créatif au sein des studios de Deewee, le label de Soulwax ? Nous avons eu l’occasion de visiter les lieux, à Gand, et ça semble être un endroit formidable pour travailler.
– Je pense que ce mode de création est différent pour quiconque enregistre un disque sous le label Deewee. Il n’y a pas de formule, pas de codes appliqués à chaque morceau. Personnellement, j’écris beaucoup de choses à la maison, dans ma chambre, avec une guitare, un synthé ou mon ordinateur, puis je fais écouter aux frères Deweale. Ce n’est qu’à partir de ce moment-là que l’on commence à parler de musique tous ensemble. D’ailleurs, je tiens à préciser qu’ils ont indéniablement contribué à me faire explorer davantage ma voix naturelle, mais aussi à m’ouvrir à d’autres musiciens. Ce studio, c’est un endroit formidable où beaucoup d’artistes partagent les mêmes idées et se rencontrent.

 

 

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– De votre côté, qu’aimez-vous dans le format pop, perceptible à l’écoute de « Leave » ?
– Je ne suis pas vraiment attiré par la pop, certaines influences émergent juste ainsi. Pour tout dire, je pense que lorsque je sortirai un disque, les gens entendront un aspect différent de ma musique, peut-être plus « étrange ». De toute façon, il n’y a pas de code strict pour définir ce qu’est la pop music. Ce qui aurait pu être un single pop dans les années 80 est peut-être trop bizarre pour passer à la radio aujourd’hui. Pour le dire autrement, la vision de la pop est en constante évolution, et c’est ce qui est intéressant.

– Vous parlez d’un disque. À quoi doit-on s’attendre de votre part ces prochains mois ?
– J’ai beaucoup de chansons en stock, et je suis justement en train de les finaliser. Une fois que l’on aura avancé sur ces morceaux, on aura davantage de recul sur la façon de les sortir. Est-ce que ce sera un album ou un EP ? Je ne sais pas, mais j’ai vraiment hâte de les publier en 2022.

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