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Ventes impériales et royales

  • Rédigé par Christophe Vachaudez
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Parure de diamants et saphirs dite de la reine Hortense Parure de diamants et saphirs dite de la reine Hortense © Christie's

Rendez-vous des passionnés de joyaux historiques, les grandes ventes de Genève révèlent chaque année des pièces exceptionnelles exhumées d'écrins oubliés depuis bien trop longtemps. Témoins de périodes révolues, ces bijoux aux provenances illustres laissent espérer des enchères stratosphériques.

Ce 12 mai, Sotheby's se distingue une fois encore en proposant une broche impériale figurant l'aigle bicéphale des Habsbourg, tel qu'utilisé par l'Empereur à partir de 1867. Cet ornement spectaculaire symbolisant l'appartenance à l'illustre maison date vraisemblablement de la fin du XIXe siècle et appartînt à l'archiduc Leopold-Salvator de Habsbourg-Toscane qui épousa Blanche de Bourbon, fille du duc de Madrid, dont il eut onze enfants. La broche échut à leur fils Anton qui, en 1931, s'unit à la princesse Ileana de Roumanie. Rare exemple parvenu jusqu'à nous, cette broche héraldique, qui n'est pourtant pas liée à un ordre, promet d'attire nombre de collectionneurs. 

 

La broche impériale en diamants vendue par Sotheby's
© Sotheby's 

 

Dans la même vente, un collier et des boucles d'oreilles en émeraudes et diamants autrefois portés par la princesse Ira de Fürstenberg côtoie un ensemble de rubis et de diamants signé Mouawad ayant appartenu à l'infante Cristina d'Espagne.

Chez Christie's, aussi ce 12 mai, une somptueuse parure de diamants et saphirs vole assurément la vedette. Elle est issue de la maison de Hohenzollern-Sigmaringen et plus précisément de la descendance du prince Johan-Georg, décédé en 2016. Son épouse, la princesse Birgitta de Suède, sœur du roi Carl-Gustav, fut d'ailleurs la dernière à la porter lors d'événements officiels. Le diadème qui se compose de neuf éléments en fleuron, tous amovibles, provient de l'héritage de la reine Marie II de Portugal (1819-1853) qui l'a arboré sur un portrait officiel exécuté par le peintre allemand Ferdinand Krumholz en 1846. Selon les inventaires d'époque, elle détenait ces mêmes saphirs de sa mère, l'archiduchesse Léopoldine d'Autriche, impératrice du Brésil, une sœur de l'impératrice Marie-Louise, seconde épouse de Napoléon Ier.

 

Portrait de la reine Marie II de Portugal
La reine Marie II de Portugal portant le diadème © DR

 

Parmi les onze enfants qu'eut la souveraine du prince Ferdinand de Saxe-Cobourg-Gotha, un neveu du roi Léopold Ier, Antonia entra dans la maison de Hohenzollern-Sigmaringen en s'unissant au prince Léopold, arrière-grand-père de Johan-Georg, le dernier propriétaire de ces joyaux historiques. Voilà qui explique leur arrivée en Allemagne. Le reste de la parure qui comprend un collier, une ceinture reconvertie en ornement de coiffure, des boucles d'oreilles et nombre de broches, procède d'un tout autre ancêtre. Comme semble le confirmer la note défraichie épinglée sur les écrins, elle aurait appartenu à la reine Hortense, fille de l'impératrice Joséphine, première épouse de Napoléon Ier.

 

Le Diadème de la reine Hortense
Diadème dit de la reine Hortense © Christie's

 

Confrontée à des problèmes d'argent à la chute de l'empire, elle se serait séparée de nombreuses possessions au fil des ans. Si elle vendit une parure de saphirs et diamants à Marie-Amélie, alors duchesse d'Orléans, et plus tard dernière reine des Français, il semble qu'elle disposait d'un autre ensemble qu'elle proposa à la grande-duchesse Stéphanie de Bade (1789-1860), fille adoptive de Napoléon Ier, et, comme Hortense, issue du clan Beauharnais. Les palmettes du collier et du bandeau, confirme l'époque empire même si le serti de certaines pierres semble inhabituel. Joséphine, la fille de la Grande-Duchesse, convola en 1834 avec le prince Charles-Antoine de Hohenzollern-Sigmaringen.

 

Le diadème de la reine Marie II de Portugal démonté
Le diadème de la reine Marie II de Portugal démonté © DR 

 

Dans son testament daté de 1854, Stéphanie écrit : « Je laisse à ma fille Joséphine ma parure de saphirs composée d'un bandeau, d'un collier, d'une paire de boucles d'oreilles, de sept épingles et d'une ceinture maintenant détachées en plusieurs morceaux ». Ses dernières volontés ont donc été respectées et ses saphirs, doublés d'un paillon bleuté pour en accentuer la couleur, font désormais les délices des amateurs de pièces historiques. Nul doute qu'il ne trouve des acquéreurs enthousiastes, mais signe des temps, l'ensemble sera dispersé à jamais !

Rédigé par Christophe Vachaudez

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