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Dans la Cour des Grands : « J'aurais voulu être une artiste »

Dans la Cour des Grands

Thomas de Bergeyck

21 October 2021

© Christophe Licoppe/Photo News

[caption id="attachment_26712" align="alignnone" width=""]Le roi Philippe posant devant l'un de ses portraits du roi Baudouin[/caption]C'est l'une des confidences troublantes qu'a révélé un proche de la princesse Elisabeth dans le portrait que nous lui avions consacré en télévision le 14 octobre dernier. La fille des souverains, lorsqu'elle était enfant, aurait voulu être une artiste. « Mais, ajoute-t-elle, je ne peux pas parce que je devrai être Reine ». Quelle erreur...

S'il y a bien une famille dans laquelle l'inspiration est un second souffle, c'est la famille royale. Et cette appétence pour l'art n'a jamais empêché personne d'exercer les fonctions qui lui étaient destinées. Pensez à la première d'entre toutes : la reine Marie-Henriette. Cette pauvre épouse de Léopold II qui se morfondait à Spa, avait recréé tout son petit univers autour de la musique, mais aussi de la peinture qu'elle affectionnait. Elle produisait des aquarelles de paysages ruraux, mais aussi des portraits de chiens, qui aujourd'hui se vendent très cher. On la croisait dans toutes les galeries de la région.

Pensons à Charles également, le Régent du trône, qui avait « sauvé le brol ! » en 44. Le frère du roi Léopold III avait renoncé à sa dotation pour mener sa vie, entre ses femmes et ses pinceaux, à Raversijde près d'Ostende. Il occupait une petite fermette jaune, sorte de maison de poupées où cet échalas avait appris à vivre courbé, le plus souvent assis face à son chevalet.

L'intérieur du domaine de Raversijde
Les pinceaux et les tubes de couleur du prince Charles dans son domaine du Raversijde © Raphaël Demaret - D/Photo News

Car Karel van Vlaanderen produisait de belles peintures, dont des autoportraits très réussis que l'on peut découvrir en visitant sa maison devenu musée. Rien n'a bougé, ni ses pinceaux, ni sa collection de trains miniatures. C'est tout ce qui occupait son existence, avec sa passion pour le lait : deux-tiers lait, un-tiers whisky !

Mais l'artiste par excellence dans l'histoire des Saxe-Cobourg, c'est incontestablement Elisabeth. La "reine infirmière" était d'abord une virtuose du violon, du piano et de la sculpture. Son atelier est à visiter dans le parc du château de Laeken : rien n'y a bougé depuis 50 ans. L'ébauchoir, les pinceaux et les spatules sont encore là. Ne manque que l'argile qui lui permettait d'esquisser le portrait de son entourage, ses petits-enfants notamment comme Albert, 4 ans à l'époque. Il y a encore deux boites de cigarettes, des livres et un vieux gramophone. Car la Reine artiste avait sorti un disque, les "Oiseaux chanteurs de Laeken" : elle avait enregistré tous les cuicuis de son parc !

Le roi Philippe présente au palais royal ses portraits du roi Baudouin
Le roi Philippe présente, avec son épouse la reine Mathilde, ses portraits du roi Baudouin © Christophe Licoppe/Photo News 

Aujourd'hui, les talents de la création sont deux : le Roi lui-même, Philippe, qui s'est mis à la peinture il y a quelques années, réalisant entre autres un très beau portrait de son mentor Baudouin. Il a d'ailleurs exposé au palais royal. Et puis Delphine, artiste-princesse qui propose une très belle expo au Zoute, pleine de couleurs, de vie et de messages sous-jacents : "love" ou "no more blabla" étant ses préférés.

Vous le constatez : la relève est assurée, et nul doute qu'un jour, notre future reine Elisabeth aura elle aussi à cœur de développer ses talents musicaux ou picturaux, elle qui aurait rêvé d'être une artiste.


Le logo de Place Royal, l'émission gotha de Thomas de Bergeyck

Tous les samedi, de 18 à 18h30, sur Bel RTL, Thomas de Bergeyck vous propose de pousser les portes des palais pour évoquer la vie des monarchies et revient sur tout ce qu'il faut savoir sur l'actualité des têtes couronnées.
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