Christophe Vachaudez
18 May 2026
Ainsi, les trois jours passés en Turquie ont abouti à 27 contrats et promesses de coopération, preuves que la mission économique belge en Turquie fut on ne peut plus fructueuse et la présence royale n’est certes pas un hasard dans le déroulé des opérations. La reine a été accueillie à sa descente de vol par la ministre de la famille et des services sociaux qui l’a escortée au palais de Dolmabahçe, ancienne résidence des sultans, où l’attendait la première dame du pays Emine Erdoğan. Après cette bulle culturelle, direction BAYKAR Technologies, une compagnie turque spécialisée dans la fabrication des drones, un collaborateur potentiel de choix pour la défense belge, représentée lors de ce voyage par le ministre Théo Francken. Après avoir pris la pose sur la place Ortaköy en ensemble saumon signé Natan, la reine a assisté à une séance d’informations à l’intention de la délégation belge.
© Philip Reynaers/Photonews
Le deuxième jour eut aussi pour cadre Istamboul et débuta par un petit-déjeuner avec les chefs d’entreprise qui furent ensuite reçus par le ministre du commerce Ömer Bolat et son équipe. Moment fort du court séjour, l’épouse du roi Philippe a été accueillie au palais présidentiel par Recep Tayyip Erdoğan et son épouse qui accompagna ensuite la reine Mathilde au Musée Naval où sont conservées les embarcations d’apparat des sultans. Un lunch de travail mit ensuite en contact les entrepreneurs turcs avec leurs homologues belges. Durant l’après-midi, un panel de discussion sur la place de la femme dans le secteur du business avait été organisé par la chambre de l’Industrie.
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Le soir, la reine, vêtue d’une robe rouge sortie des ateliers de la maison Natan, a prononcé un discours en prélude du banquet. Elle y a souligné les liens entre nos deux pays qui s’étaient déjà renforcés lors de la visite d’État que le président turc avait effectuée en Belgique en octobre 2015. Si le régime fort du président fait souvent l’objet de critiques, la position stratégique de la Turquie et son rôle de tampon dans les nombreux conflits qui secouent les pays voisins ne peuvent être négligés. La reine a ainsi déclaré : « Au-delà des chiffres et des traités, c’est l’esprit d’amitié qui nous définit véritablement. Il se manifeste dans nos échanges culturels et universitaires dynamiques, ainsi que dans le secteur florissant du tourisme. La Turquie est un symbole d’hospitalité et de qualité. Œuvrons donc ensemble et envisageons un avenir où notre partenariat continuera de s’épanouir. »
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Le dernier jour, une réunion avec des banques multilatérales et des institutions financières turques a permis d’échanger sur des possibilités de financement et de coopération. Hasard du parcours, cette conférence s’est tenue à la Banque centrale de Turquie, un bâtiment conçu par l’architecte belgo-turc Şefik Birkiye. Le Centre technologique MEXT, un pôle d’innovation de premier plan qui accompagne les entreprises dans leur transformation numérique et industrielle, a eu les honneurs de la visite royale. La reine a ensuite assisté à un séminaire sur la coopération dans le secteur biopharmaceutique, axé sur les maladies rares, à l’Université d’Istamboul.
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Après un entretien avec le ministre turc des Finances, Mehmet Şimşek, et un déjeuner avec la FEB et la TÜSİAD, l’une des principales fédérations patronales de Turquie, elle a conclu sa visite en assistant à la célébration du 15e anniversaire de la collaboration entre l’assureur belge Ageas et Sabancı Holding, un symbole de plus des liens tissés depuis longtemps entre les deux nations.
Selon les observateurs, la reine Mathilde s’est acquittée avec brio de cette première mission économique, mais en aurait-on douté ? Voilà en tous les cas qui augure le meilleur pour l’avenir !
Photo de couverture : © Philip Reynaers/Pool/Photonews