• HLCÉ

La petite Histoire de la Toison d’or

ChevalerieExpoNews GothaToison d'or

Christophe Vachaudez

15 April 2024

Á l’occasion de sa réouverture, le musée Hof van Busleyden de Malines propose une exposition sur l’Ordre de la Toison d’or, une occasion d’évoquer cette distinction prestigieuse qui a traversé les siècles et dont le grand maître actuel, le roi Felipe VI, perpétue la tradition. C’est d’ailleurs avec émotion qu’il a accordé en 2018 la distinction à sa fille aînée la princesse des Asturies, alors qu’il fêtait ses cinquante ans. Toutefois, elle a dû attendre 2023 pour officialiser les choses à l’occasion de ses 18 ans, recevant aussi le grand collier de l’Ordre de Charles III. Mais quelle est donc l’origine du plus illustre des ordres de chevalerie ?

Créé le 10 janvier 1430 à Bruges par Philippe le Bon, duc de Bourgogne, comte de Flandres, il devait regrouper autour du souverain les principales personnalités flamandes et bourguignonnes. Le Duc souhaitait faire revivre la chevalerie chrétienne, qui jadis avait entraîné les croisés vers les lieux saints. Le choix de la Toison d’or, soustraite au dragon par Jason, symbolisait Jérusalem. On fixa le nombre de chevaliers à 31 puis il fut porté à 51, et enfin à 61, tous de naissance noble. Ils étaient tenus de jurer aide et fidélité et devaient être consultés sur les grandes affaires de l’État lors de réunions annuelles. Un chancelier, un trésorier, un greffier et un héraut d’armes assumaient l’administration générale.

© Sophie Nuyts/Hof van Busleyden

La Toison d’or suivit le sort de la maison de Bourgogne jusqu’au XVIIIe siècle, passant à la mort du dernier duc, Charles le Téméraire, à son gendre Maximilien de Habsbourg, puis à son arrière-petit-fils Charles Quint, qui le remit lui-même à son fils Philippe II, en sus de l’Espagne et des Flandres. Lorsqu’en 1700 son dernier descendant légua son trône à Philippe V, premier souverain de la dynastie Bourbon, la maîtrise de la Toison d’or fut âprement disputée entre celui-ci et les Habsbourg d’Autriche. Le droit international n’ayant jamais tranché la question, il existe en fait depuis 1701 deux ordres de la Toison d’or.

© Sotheby's

© Sotheby's

L’ordre autrichien a conservé son caractère aristocratique et religieux. Sa langue officielle est le français. Celui d’Espagne put s’ouvrir, à partir du XIXe siècle, à des non-catholiques et à des non-nobles. Le roi Juan Carlos Ier l’a ainsi décernée à plusieurs souverains étrangers. L’ordre de la Toison d’or comporte comme insigne une dépouille de bélier attachée par le milieu du corps à un collier d’or composé de « fusils » ou briquets, stylisés en forme de B, encadrant des pierres à feu, d’où jaillissent des étincelles, qui illustrent la devise Ante ferit quam flamma micet. La Toison se porte aussi suspendue à une cravate rouge. Les chevaliers revêtaient, pour les chapitres, des costumes de velours rouge ou noir, qui, comme le collier, revenaient, à la mort du titulaire, au Trésor de l’ordre.

© Sophie Nuyts/Hof van Busleyden

Clou de l’exposition de Malines, les 29 blasons restaurés des chevaliers qui étaient censés participer au grand chapitre de 1491, sont présentés ici alors qu’ils sont habituellement accrochés à la cathédrale Saint-Rombaut et, donc moins visibles. Des manuscrits d’époque, des peintures, des sculptures, des objets et deux tapisseries remarquables enrichissent le parcours de cette exposition qui propose, en provenance des collections royale, le grand collier de l’ordre du roi Albert Ier et le diplôme décerné à l’occasion par l’empereur François-Joseph, grand-maître autrichien de l’ordre. Chez les Habsbourg, il semble que la descendance de l’archiduc Otto, héritier de jure du trône d’Autriche, n’accorde plus la décoration. Au fil des siècles, cette distinction s’était transformée en bijou précieux et les exemples vendus récemment chez Sotheby’s, ayant appartenu aux ducs de Parme, ou au tsar Ferdinand de Bulgarie illustrent à merveille cette pratique qui fut monnaie courante dans les monarchies d’Europe. Le roi Felipe va peut-être la décerner prochainement au roi Willem-Alexander des Pays-Bas à l’occasion du voyage officiel d’avril. Il assurerait ainsi la pérennité séculaire d’une tradition remontant au XVe siècle !

Photo de couverture : Le roi Felipe VI remet la Toison d’or à sa fille, la princesse Leonor © Casa Real

Anniversaire Rise for Kids

Vie mondaine

Dans les salons du Cercle Royal Gaulois Artistique & Littéraire, l’asbl Rise For Kids célébrait ses cinq années de mobilisation contre la pauvreté infantile en Belgique, sous le thème inspirant de “Rêves d’enfants”. Une étape symbolique, d’autant que l’asbl a été couronnée, ce 9 octobre, par le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi. De nombreux invités et amis avaient répondu présent pour partager un moment empreint d’espoir. Le Choeur des Petits Chanteurs de Belgique a offert une parenthèse musicale d’une grande délicatesse, avant qu’un tea time raffiné ne prolonge les échanges dans une atmosphère conviviale. Une célébration marquante pour ces cinq années d’engagement, d’actions concrètes et d’ambition : permettre à chaque enfant de continuer à rêver. © Amélie de Wilde

16/11/2025

Cauleen Smith Afflict the Comfortable, Comfort the Afflicted

Arts & Culture

L’exposition offre un panorama de l’œuvre de Cauleen Smith, mêlant films expérimentaux, installations, textiles et dessins. Entre cinéma noir, féminisme et esthétiques afrocentriques, son travail relie mémoire, résistance et imaginaires collectifs dans une expérience à la fois sensorielle et politique.

Le Cap

Du 20/11/2025 au 04/10/2026

Informations supplémentaires

Exposition

Chevaliers de la Toison d’Or: un mythe brillant dévoilé

Dates

Jusqu’au 2 juin 2024

Adresse

Museum Hof van Busleyden | Museum in Mechelen
Frederik de Merodestraat, 65
2800 Mechelen

Billeterie

Publicité

Albert et Charlène célèbrent la Sainte Dévote

Chroniques royales

En principauté, la tradition ne perd pas ses droits et, cette année, comme les précédentes, la famille princière a commémoré le jour de la Sainte Dévote, la patronne du Rocher. Selon la légende, cette chrétienne originaire de Corse, a fui en bateau les persécutions de l’empereur Dioclétien. Son embarcation se serait échouée sur le rivage, en contrebas du Rocher, le 27 janvier 304. Bien plus tard, on essaiera de voler ses reliques et la barque des malfaiteurs, interceptées en mer fut dûment brûlée. Bien des variantes du récit existent mais les monégasques continuent à invoquer la patronne du Rocher.

Tous les articles

Publicité

Tous les articles