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Christophe Vachaudez

15 April 2024

Créé le 10 janvier 1430 à Bruges par Philippe le Bon, duc de Bourgogne, comte de Flandres, il devait regrouper autour du souverain les principales personnalités flamandes et bourguignonnes. Le Duc souhaitait faire revivre la chevalerie chrétienne, qui jadis avait entraîné les croisés vers les lieux saints. Le choix de la Toison d’or, soustraite au dragon par Jason, symbolisait Jérusalem. On fixa le nombre de chevaliers à 31 puis il fut porté à 51, et enfin à 61, tous de naissance noble. Ils étaient tenus de jurer aide et fidélité et devaient être consultés sur les grandes affaires de l’État lors de réunions annuelles. Un chancelier, un trésorier, un greffier et un héraut d’armes assumaient l’administration générale.

© Sophie Nuyts/Hof van Busleyden

La Toison d’or suivit le sort de la maison de Bourgogne jusqu’au XVIIIe siècle, passant à la mort du dernier duc, Charles le Téméraire, à son gendre Maximilien de Habsbourg, puis à son arrière-petit-fils Charles Quint, qui le remit lui-même à son fils Philippe II, en sus de l’Espagne et des Flandres. Lorsqu’en 1700 son dernier descendant légua son trône à Philippe V, premier souverain de la dynastie Bourbon, la maîtrise de la Toison d’or fut âprement disputée entre celui-ci et les Habsbourg d’Autriche. Le droit international n’ayant jamais tranché la question, il existe en fait depuis 1701 deux ordres de la Toison d’or.

© Sotheby's

© Sotheby's

L’ordre autrichien a conservé son caractère aristocratique et religieux. Sa langue officielle est le français. Celui d’Espagne put s’ouvrir, à partir du XIXe siècle, à des non-catholiques et à des non-nobles. Le roi Juan Carlos Ier l’a ainsi décernée à plusieurs souverains étrangers. L’ordre de la Toison d’or comporte comme insigne une dépouille de bélier attachée par le milieu du corps à un collier d’or composé de “fusils” ou briquets, stylisés en forme de B, encadrant des pierres à feu, d’où jaillissent des étincelles, qui illustrent la devise Ante ferit quam flamma micet. La Toison se porte aussi suspendue à une cravate rouge. Les chevaliers revêtaient, pour les chapitres, des costumes de velours rouge ou noir, qui, comme le collier, revenaient, à la mort du titulaire, au Trésor de l’ordre.

© Sophie Nuyts/Hof van Busleyden

Clou de l’exposition de Malines, les 29 blasons restaurés des chevaliers qui étaient censés participer au grand chapitre de 1491, sont présentés ici alors qu’ils sont habituellement accrochés à la cathédrale Saint-Rombaut et, donc moins visibles. Des manuscrits d’époque, des peintures, des sculptures, des objets et deux tapisseries remarquables enrichissent le parcours de cette exposition qui propose, en provenance des collections royale, le grand collier de l’ordre du roi Albert Ier et le diplôme décerné à l’occasion par l’empereur François-Joseph, grand-maître autrichien de l’ordre. Chez les Habsbourg, il semble que la descendance de l’archiduc Otto, héritier de jure du trône d’Autriche, n’accorde plus la décoration. Au fil des siècles, cette distinction s’était transformée en bijou précieux et les exemples vendus récemment chez Sotheby’s, ayant appartenu aux ducs de Parme, ou au tsar Ferdinand de Bulgarie illustrent à merveille cette pratique qui fut monnaie courante dans les monarchies d’Europe. Le roi Felipe va peut-être la décerner prochainement au roi Willem-Alexander des Pays-Bas à l’occasion du voyage officiel d’avril. Il assurerait ainsi la pérennité séculaire d’une tradition remontant au XVe siècle !

Photo de couverture : Le roi Felipe VI remet la Toison d’or à sa fille, la princesse Leonor © Casa Real

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© Carcasse

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Informations supplémentaires

Exposition

Chevaliers de la Toison d’Or: un mythe brillant dévoilé

Dates

Jusqu’au 2 juin 2024

Adresse

Museum Hof van Busleyden | Museum in Mechelen
Frederik de Merodestraat, 65
2800 Mechelen

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