Rédaction

24 February 2017

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C'est en effet le 13 novembre 1989, au décès de son père le prince Franz-Joseph II, qu'il accède au plein exercice de sa charge même si depuis 1984, les affaires de l'État lui avaient été confiées. Il devient alors le quinzième souverain d'un territoire érigé en principauté par l'empereur Charles VI, le 23 janvier 1719. Lassés de dépendre d'un suzerain, les Liechtenstein avaient acheté les minuscules comtés indépendants de Schellenberg et de Vaduz pour s'émanciper et prétendre à un siège à la Diète. De cette façon, ils ne devaient plus rendre de compte qu'à l'Empereur lui-même. La dissolution du Saint-Empire par Napoléon libérera les princes de tout serment d'allégeance. Depuis, le petit état indépendant a résisté contre vents et marées aux grands conflits pour s'affirmer de nos jours comme un véritable coffre-fort, une place financière de première importance. Coincé entre la Suisse et l'Autriche, le Liechtenstein doit sa bonne fortune à ses princes qui bâtirent un empire grâce à leurs importants domaines en Slovaquie, en Autriche et en Bohême.

 
 Le château de Vaduz © Forray Didier/Sagaphoto/Photo News

Si Hans-Adam dispose du château de Vaduz, en principauté, et de deux vastes palais à Vienne qui abritent l'une des plus importantes collections artistiques au monde, il n'a pu récupérer les domaines ancestraux de Lednice et Valtice en république tchèque, confisqués en 1945. Le cas a été débattu à la Cour internationale de justice et à la Cour européenne des droits de l'homme qui n'ont pas vraiment statué. Le Liechtenstein n'a d'ailleurs repris ses relations diplomatiques avec la Tchéquie qu'en 2009 ! Si la principauté a intégré les Nations unies et le Conseil de l'Europe sous la houlette de Hans-Adam, elle a aussi accordé par référendum une sorte d'omnipotence à son souverain qui d'une certaine façon concentre entre ses mains des prérogatives jadis réservées aux monarques absolus, ce qui selon certains n'est pas pour lui déplaire. Il peut ainsi nommer un nouveau gouvernement si l'envie lui en prend, opposer son veto à une loi ou empêcher un référendum. Il jouit en outre d'une immunité totale, voilà qui place le prince au rang des puissants potentats de la planète. Toutefois, il serait à l'origine de la loi accordant le droit de vote aux femmes entérinée en 1984 !

Une fortune de 3 milliards d'Euros

Hans-Adam II qui parle couramment le Français, l'Anglais et l'Allemand est également un homme d'affaires redoutable qui a su pleinement tirer parti de son Master en économie et en Business, obtenu à l'université de Saint-Gall en 1966. Et même si il a délégué en 2004 la direction des affaires courantes à son fils, le prince héritier Alois, il continue à surveiller d'un oeil critique la gestion de la fortune familiale estimée à trois milliards d'euros, une tâche dont s'acquitte la LGT Bank. Grâce à un système d'imposition avantageux, près de 74.000 multinationales se sont implantées au Liechtenstein, le plus souvent sous la forme d'une boîte postale ! Le 30 juillet 1967, le prince qui a deux frères (Nicolas et Philip-Erasme) et une soeur (Nora), a épousé la comtesse Marie-Aglaé Kinsky von Wchinitz und Tettau.

 
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Quatre enfants sont venus couronner cette union : le prince héritier Alois qui s'est uni à la duchesse Sophie en Bavière, les princes Maximilien et Constantin ainsi que la princesse Tatiana. Hans-Adam et Marie-Aglaé ont quinze petits-enfants. Discret quant à ses intérêts, on sait pourtant que le Prince apprécie la chasse et qu'il s'y adonne volontiers aux côtés du grand-duc de Luxembourg, des familles de Bavière ou de Wurtemberg. Grand amateur d'art, il partage sa passion avec le prince de Galles, invité fréquent du château de Vaduz, et comble les manquements de sa collection en écumant les catalogues de ventes. Les généreux budgets alloués à ces transactions lui permettent d'acquérir des oeuvres rares comme le fameux cabinet Badminton qui lui fut adjugé 19 millions de Livres sterling en 2004, un record absolu pour un meuble proposé aux enchères.

Cousin des monarques européens

Quand il ne délègue pas son fils comme au mariage de la princesse Victoria de Suède ou à l'intronisation du roi Wilhelm-Alexander des Pays-Bas, il représente en personne la principauté comme au Jubilé de la reine Elizabeth ou au mariage du prince héritier Guillaume de Luxembourg. Il est vrai que son arrière-grand-mère, Maria-Teresa de Bragance, infante de Portugal, l'apparente à la plupart des Maisons royales. De fait, la soeur de cette dernière, Marie-José, qui épousa le duc Charles-Théodore en Bavière fut la mère de la reine Elisabeth de Belgique et de la princesse Marie-Gabrielle de Bavière. Une autre soeur, Marie-Anne, devint grande-duchesse de Luxembourg.

 
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Quant à Maria-Pia, elle devint duchesse de Parme, eut douze enfants, dont Zita, la dernière impératrice d'Autriche. Très apprécié au sein du gotha, le Prince est pourtant doté d'un caractère affirmé et ne craint pas de camper sur ses positions, s'attirant parfois de vives critiques. Ses 36.000 sujets qui bénéficient d'un des niveaux de vie les plus élevés de la planète, ne lui en tiennent pas rigueur et ont plébiscité la révision constitutionnelle qu'il leur proposait en 2003, preuve que la popularité de Son Altesse Sérénissime le prince souverain, duc de Troppau et de Jägerndorf et comte de Rietberg est au beau fixe sans doute pour très longtemps encore. Hans-Adam II pense-t-il à passer le flambeau ? Rien n'est moins sûr !

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