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Christophe Vachaudez

10 October 2022

L’histoire commence en juin 1946 quand le roi Umberto II « confie » plusieurs écrins à Luigi Einaudi, alors gouverneur de la banque d’Italie. Ironie du sort, ce dernier deviendra Président de la République italienne car un référendum, que l’on dit truqué, vient d’abolir la monarchie. La Maison de Savoie régnait sur la péninsule depuis 1861 et les représentants de la branche aînée ont été priés de quitter le territoire.

La reine Margherita portant certains des bijoux confiés à la banque en 1946 © DR

Le souverain et les siens s’exilent au Portugal en emmenant nombre de possessions mais une bonne partie des bijoux restent donc en Italie avec comme condition « d’être tenus à disposition de qui de droit », d’où la confusion juridique qui existe depuis. Onze scellés protègent les écrins qui renferment une grande partie des bijoux de la reine Margherita, épouse du roi Umberto Ier.

Un des écrins dans un coffre de la banque depuis 1946 © DR

On recense notamment deux importants bracelets, un collier de perles et diamants, un imposant diadème constellé de perles, un esclavage de diamants, des nœuds, des boucles d’oreilles, une gigantesque broche cocarde, un sautoir aux nœuds de Savoie, des bagues, bref une vraie fortune en pierreries… On parle d’ailleurs de 6732 diamants et de 2000 perles !

Un des écrins conservé à la banque dItalie © DR

Longtemps, les Savoie ont fait profil bas car ils ne voulaient pas compromettre leur retour en Italie qui fut effectif à partir 2003, avec la levée de la loi d’exil. Á cette époque, ils ne revendiquaient pas les bijoux mais souhaitent simplement qu’ils soient exposés plutôt que d’être enfuis dans des coffres inaccessibles. Mais il faudra attendre Mario Draghi pour que le problème soit pris en considération. Si les scellés ont été brisés dans les années soixante pour vérifier que l’ensemble était intact et qu’une estimation globale a été demandée à Giovanni Bulgari, rien n’a été entrepris.

© Benainous Benhamou Catarina/Allpix Press/Photo News

Cette fois, un inventaire est en cours mais le changement de gouvernement pourrait à nouveau compromettre la bonne marche des opérations. C’est sans doute pour cette raison que le prince de Venise s’est empressé de féliciter Giorgia Meloni lors de sa victoire aux récentes élections. Mais si la famille royale récupère légalement ces bijoux dont beaucoup sont considérés comme « personnels », va-t-elle programmer une vente et risquer d’encore écorner une image qui a déjà souffert ou s’en tenir à son vœu de voir ces joyaux exposés au public, ce qui ravirait nombre d’Italiens ? Pour l’heure, le suspense demeure entier ! Les mois prochains seront décisifs !

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