Patrick Weber
12 August 2026
La princesse Élisabeth vient de terminer son cursus à Harvard et un nouveau pan de vie s’ouvre à elle dans les prochains mois. Mais comment envisager la suite de son apprentissage ? That’s the question, comme disent les Royals d’outre-Manche ! On sait déjà qu’elle reprendra la charge jadis dévolue à la princesse Astrid dans l’exercice délicat des missions économiques. Mais dans un premier temps, c’est la reine Mathilde qui assumera le rôle, afin de ne pas placer trop tôt la duchesse de Brabant sous le feu des projecteurs. À l’heure où nous écrivons ces lignes, la Princesse peut encore cocher différentes options pour son avenir, dont des formations complémentaires, des voyages ou des engagements humanitaires.
D’après nos informations et des sources proches du Palais, il s’agirait surtout de donner du temps au temps et de ne pas brusquer l’agenda de l’héritière. Si l’apprentissage universitaire arrive à son terme, la formation au métier de souverain est bien plus complexe que l’obtention d’un diplôme, si prestigieux soit-il. Philippe n’a jamais exclu de songer un jour à l’abdication, mais ce moment est encore loin d’être mis à l’agenda. En réalité, Élisabeth arrive à un moment crucial où elle devra nourrir son carnet d’adresses et étendre son réseau de relations. Bref, composer un véritable lobbying royal.
Question de temps, de circonstances historiques ou d’atomes crochus, dans l’histoire de la monarchie belge, les futurs souverains n’ont pas toujours été préparés à la tâche par la génération précédente. Léopold Ier nourrissait une certaine méfiance envers son fils qu’il jugeait imprévisible et indocile. Quant à Léopold II, il n’était « que » l’oncle du futur Albert Ier et ne fut donc pas le mentor influent qu’il aurait souhaité être pour son héritier. Léopold III monta sur le trône de manière inattendue, dans des circonstances bien connues. Et que dire de Baudouin qui était plus jeune qu’Élisabeth lorsqu’il fut contraint de coiffer la couronne ? Albert II est entré dans l’histoire comme ce roi que l’on n’attendait pas et le prince Philippe s’est principalement consacré à sa mission de premier ambassadeur du commerce extérieur de la Belgique pendant le règne de son père.
En bientôt deux siècles de monarchie belge, aucun héritier n’a donc bénéficié d’une formation aussi complète que celle d’Élisabeth. Du cursus scolaire (trilingue) à l’apprentissage militaire, en passant par des apparitions officielles triées sur le volet, son parcours s’apparente jusqu’ici à un sans-faute. Avec ce qu’il faut de présence et de distance pour ne pas être surexposée. L’après-Harvard ouvre donc un nouveau chapitre dans l’histoire des Saxe-Cobourg en Belgique et il promet de ne pas être le plus simple. Peut-être même reste-t-il à inventer. Comme s’il fallait mettre en place une forme de cohabitation père-fille pour assurer, le moment venu, une transition harmonieuse. Une seule chose est sûre : cette période sera passionnante à observer.
Photo de couverture : © Xavier Piron, Photo News