Nicky Depasse
23 February 2026
Certains musées impressionnent avant même qu’on pousse leur porte. L’Astrup Fearnley, lui, agit autrement. Posé à l’extrémité de Tjuvholmen, face au fjord, il invite d’abord à lever les yeux, pour prendre la mesure de son architecture signée Renzo Piano. Verrières inclinées, bois clair, perspectives ouvertes : tout semble pensé pour laisser circuler la lumière et rappeler que la mer est avec vous.
Le quartier où ce monumental voilier est amarré, participe pleinement à l’expérience. Ancienne zone portuaire devenue enclave contemporaine, Tjuvholmen mêle galeries, sculptures en plein air et terrasses élégantes. Le contraste entre le calme méditatif des quais et l’énergie d’une scène artistique crée un équilibre étonnamment juste. On passe d’une œuvre à un café, d’une passerelle à une plage urbaine, un sauna, sans jamais perdre de vue le fjord.
L’exposition Grammars of Light s’inscrit parfaitement dans cet environnement ouvert. La lumière y sert de matière première : les néons poétiques de Cerith Wyn Evans dessinent des lignes suspendues, les installations immersives d’Ann Lislegaard enveloppent le regard, tandis que P. Staff propose des expériences sensorielles qui bousculent doucement nos repères : l’occasion d’observer, de ressentir, simplement de prendre son temps.
Puisqu’on est venu de si loin, profitons-en pour admirer la collection permanente qui confirme quant à elle l’ambition internationale du lieu. Jeff Koons, Cindy Sherman, Damien Hirst ou Anselm Kiefer composent un parcours dense mais accessible. Des noms que l’on croit connaître, mais qui prennent ici une autre dimension grâce à une scénographie aérienne. Les œuvres respirent, baignées d’une clarté minérale qui transforme la perception des volumes et prolonge l’harmonie avec le paysage extérieur.
Ce qui frappe lors de la visite de l’Astrup Fearnley, c’est la manière dont le musée réussit à rester pointu sans jamais devenir intimidant. Les œuvres majeures côtoient des installations plus expérimentales, les grandes signatures se mêlent aux artistes émergents, et la circulation fluide entre les salles invite à regarder sans se sentir guidé de force. L’art contemporain n’est pas sacralisé : il s’inscrit simplement dans le regard, dans le mouvement, dans l’air même du lieu. Une adresse qui justifie à elle seule le voyage à Oslo et qui rappelle combien l’architecture, l’art et la lumière peuvent encore nous surprendre.
Photo de couverture : © Astrup Fearnley Museet, 2025. Photo: Christian Øen
Musée
Astrup Fearnley Museum
Adresse
Exposition Grammars of Light
Strandpromenaden 2,
0252 Oslo
Dates
Du 6 février au 10 mai 2026
Horaires
JOURS D’OUVERTURE AU PUBLIC
Mardi au vendredi | 12 h – 17 h
Jeudi | 12 h – 19 h
Samedi et dimanche | 11 h – 17 h
Site
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