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À la Comédie Royale Claude Volter : Les deux Papes

Comédie Royale Claude VolterscèneThéâtre

JC Darman

30 March 2023

Une rencontre entre un cardinal et un pape qui veulent tous deux renoncer à leur ministère. De cette entrevue naitra une situation inédite et une mutation majeure de l’Église catholique. Brillante initiative de la Comédie Volter de présenter la création mondiale en langue française de cette excellente pièce écrite en 2017 par le néo-zélandais Anthony McCarten.

La notoriété de l’œuvre provient principalement de son adaptation pour le grand écran réalisée en 2019 par le brésilien Fernando Mereilles. Les deux rôles principaux y étaient tenus par Jonathan Pryce (le cardinal jésuite argentin Bergoglio, futur pape François) et Anthony Hopkins (le pape bavarois Benoît XVI). Si l’argument n’est bien entendu pas entièrement dépourvu d’un contenu théologal, Les deux Papes n’a cependant rien d’une autofiction rébarbative.

© CRCV

Sans lourdeur, la pièce aborde bon nombre des problèmes de société par le biais inattendu d’une confrontation entre un cardinal progressiste réformateur et un pape conservateur rétrograde. L’auteur parvient à conférer une note légère et même humoristique aux conversations (vraisemblables, mais néanmoins imaginaires) entre les deux ecclésiastiques. De même, malgré leurs sujets complexes, les dialogues intimistes avec leur nonne gouvernante et confidente respective amènent plus d’une fois à sourire. Le spectacle et incontestablement une réussite. D’abord, bien sûr, grâce à l’intelligence du dramaturge.

© CRCV

Mais une bonne part en revient également à la mise en scène adroite, allégeante et clarifiante de Stéphanie Moriau (qui tient aussi le rôle de sœur Sophia, religieuse au service du cardinal Bergoglio). La traduction-adaptation du texte anglais par Catherine Claeys (qui interprète aussi sœur Brigitta, gouvernante du pape Benoit) sonne juste. Les décors (éclairés par Bruno Smit) de Serge Daems combinent habilement le dénuement austère inattendu des deux premières scènes avec le faste de la chapelle Sixtine où le rideau tombe sur une finale inattendue.

Alexandre von Sievers, dans la robe du cardinal Bergoglio © CRCV

... et Michel de Warzée dans les habits papaux de Benoit XVI © CRCV

Quant aux interprètes principaux, Alexandre von Sivers (le cardinal Bergoglio) et Michel de Warzée (le pape Benoit XVI), ils sont remarquables. Il est vrai que ces deux acteurs sont les rescapés de cette poignée d’artistes qui font les jours les plus lumineux du théâtre belge depuis plusieurs années. Ici, leur talent transforme en une rencontre pleine d’empathie ce qui aurait pu s’avérer pour le spectateur un fastidieux affrontement manichéen entre deux visions antagonistes de l’Église. Les deux personnages souffrent tous deux d’un sentiment de culpabilité, mais pour des raisons fort différentes et les deux comédiens parviennent à diffuser cette ambivalence ambiguë avec un art consommé. Les regrets et la lassitude de Benoit XVI, Michel de Warzée les fait ressentir avec beaucoup de retenue et de sensibilité. De son côté, Alexandre von Sivers transmet les aspirations et les reproches du cardinal avec une force intérieure bien perceptible.

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Du 27/11/2025 au 29/03/2026

Informations supplémentaires

Pièce

Les deux Papes, d’Anthony McCarten

Théâtre

Comédie Royale Claude Volter
Avenue des Frères Legrain, 98
1200 Woluwe-St-Pierre

Dates

Jusqu’au 23 avril

Billeterie

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