JC Darman

10 March 2022

La Flûte enchantée au Théâtre royal du Parc

Après des arrangements pour le théâtre d’ouvrages célébrissimes comme Le Livre de la jungle, Le Tour du Monde en 80 jours, Les 1001 Nuits, Peter Pan ou encore Les Trois Mousquetaires, c’est à l’opéra fascinant de Mozart, La Flûte enchantée, que se s’attaque aujourd’hui le Parc. Il faut croire que les pièces qui parlent de la genèse d’une œuvre immortelle s’inscrivent dans l’air du temps. Par exemple, Edmond, la pièce à succès d’Alexis Michalik, qui raconte les tourments d’Edmond Rostand qui avait promis au grand acteur de l’époque, Constant Coquelin, de lui offrir une pièce héroïque alors qu’il n’en avait pas encore écrit le premier vers. Il en avait seulement trouvé le titre : Cyrano de Bergerac.

C’est un peu la trame du nouveau spectacle du Parc, Une Flûte enchantée, écrit par Laure Tourneur, qui s’inspire librement des péripéties de la création de l’opéra de Mozart dont les derniers airs seront composés quelques jours seulement avant la première. À la consternation d’Emmanuel Schikaneder, le directeur du théâtre viennois sur la scène duquel l’opéra sera créé le 30 septembre 1791. Schikaneder est l’auteur du livret, mais il jouera aussi le rôle de Papageno. En outre, il est l’ami de Mozart et son frère en maçonnerie. C’est Fabian Finkels qui interprète ce rôle à multiple facettes avec autant de talent comme acteur que comme chanteur. Cet éloge peut d’ailleurs s’adresser à la plupart des interprètes, avec une mention spéciale pour la soprano colorature Zoé Gosset. Elle se tire brillamment des difficultés que referme le fameux aria de la Reine de la Nuit.

Une scène de la Flute enchantée au Théâtre royal du Parc

© ZvonocK

Encore sur le plan musical (direction Pascal Charpentier), soulignons la virtuosité de Julie Delbart (Mozart au piano). Elle se livre notamment avec brio à une sorte de pot-pourri qui regroupe des airs de La Flûte, du Requiem et de La Clémence de Titus. Il faut savoir que c’est la commande simultanée de ces trois œuvres qui plonge Wolfgang Amadeus Mozart dans les affres. C’est Maroine Animi qui tient le rôle du compositeur. Son interprétation exprime fort bien l’idée qu’on peut se faire du jeune génie fourbu, déjà proche de la mort mais toujours espiègle et fantasque. Il n’est pas loin de Tom Hulce, le Mozart du film Amadeus (1984) de Milos Forman. Il a de plus un très honorable talent de danseur (chorégraphie de Emmanuelle Lamberts).

La scène du Théâtre royal du Parc pour la Flûte enchantée

© ZvonocK

Le décor d’un théâtre sur la scène du théâtre est astucieux et élégant (dramaturgie : Hélène Catsaras ; scénographie : Anne Guilleray). On y voit à la fois un plateau, le rideau et les loges des spectateurs, mais aussi les cintres, les poulies et les cordes des coulisses.

La mise en scène de Daphné D’Heur joue avant tout sur l’aspect spectaculaire et joyeux de la création du dernier opéra de Mozart et, de ce côté, c’est réussi. On sait que La Flûte est devenue une œuvre emblématique et symbolique et certains puristes pourraient peut-être estimer que la pièce ne reflète pas, ou peu, l’aspect initiatique de l’œuvre originale. Mais avouons que l’abord sur ce plan est loin d’être aisé.

Une scène de la Flute enchantée au Théâtre royal du Parc

© ZvonocK

À la fin de la première représentation, il est d’usage de faire monter sur scène tous les collaborateurs qui ont contribué, d’une manière ou l’autre, au spectacle. Au Parc, pour les derniers rappels, ce fut au moins une cinquantaine de personnes auxquelles le public adressa une véritable standing ovation.

Informations supplémentaires

Pièce

Une Flûte Enchantée

Mise en scène

Daphné D’Heur

Adresse

Théâtre royal du Parc
Rue de la Loi, 3
1000 Bruxelles

Dates

Jusqu’au 2 avril

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