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Charles III : Intronisation écossaise

Maison WindsorNews Gotha

Christophe Vachaudez

10 July 2023

Depuis l’Acte d’Union entériné en 1707 par des lois votées au Parlement, le destin de l’Angleterre et de l’Écosse est étroitement scellé mais comme le veut la tradition, le souverain, après son couronnement à l’abbaye de Westminster, doit rendre la pareille à ses sujets écossais. Ces derniers lui ont très officiellement présenté les honneurs de leur pays lors d’un « Service national d’action de grâce et de dévouement à Leurs Majestés le Roi et la Reine ».

La cérémonie s’est déroulée dans la cathédrale Saint-Gilles d’Édimbourg, un édifice fondé en 1124 par le roi David Ier. Charles et Camilla, portant l’habit de l’Ordre du Chardon, avaient quitté le palais royal d’Holyrood pour parcourir cette fameuse avenue historique qui traverse le cœur d’Édimbourg, précédés d’une autre procession amenant dans le lieu sacré le sceptre, la couronne et l’épée du royaume.

© Robert Perry/PA Wire

Modifié en 1536, le sceptre fut à l’origine un cadeau du pape Alexandre VI au roi Jacques IV en 1494. En vermeil, il se termine par trois dauphins affrontés surpportant une sphère en cristal de roche. L’épée fut quant à elle offerte par le pape Jules II au même Jacques IV en 1507. Considérée comme trop fragile, une copie a été réalisée par des artisans écossais pour Charles III. Enfin, la couronne, sans doute l’une des plus anciennes de la planète encore utilisée, daterait de la fin du XVe siècle. Les arches furent ajoutées en 1532, mais en 1540, elle fut remodelée par John Mosman, joaillier d’Edimbourg qui l’enrichit de 22 pierres précieuses. Dame Katherine Grainger était chargée de l’épée appelée Elizabeth alors que Lady Dorrian portait le sceptre. Le duc de Hamilton et Brandon avait l’honneur d’amener la couronne, un privilège que détient sa famille depuis plusieurs générations.

© Robert Perry/PA Wire

© John Linton/PA Wire

© Danny Lawson/PA Wire

© Robert Perry/PA Wire

© Chris Jackson/PA Wire

De nombreuses lectures en anglais et en gaélique mais aussi des chants spécialement composés pour l’occasion ont ponctué un service tout en recueillement. Parmi les intervenants, citons le premier ministre écossais Humza Yousaf, Christine De Luca, ancienne Makar de la Ville (c’est-à-dire un poète attitré, Sally Foster-Fulton, modératrice de l’Assemblée générale de l’Église d’Écosse, sorte de primat, Mark Strange, primat de l’église épiscopale d’Écosse, ou le révérend Leo Cushley, archevêque de St Andrews et d’Édimbourg.

© Danny Lawson/PA Wire

La Princesse royale était bien présente dans la capitale écossaise mais ce sont bien les ducs de Rothesay qui occupaient la place d’honneur auprès des souverains. William, en habit de l’Ordre du Chardon et Catherine en robe bleu roi de Catherine Walker et chapeau coordonné de Philip Tracy. Face au quatuor royal avait été disposée la pierre du destin ou pierre de Scone que l’on place sous le trône lors du couronnement, et ce depuis des siècles. Le duc de Buccleuch en a la responsabilité. Le moment le plus solennel correspond à la présentation des honneurs de l’Écosse devant le Roi qui s’engage à veiller au bien-être de ses sujets et à les protéger avec l’aide de Dieu.

© Lesley Martin/PA Wire

Au sortir de la cathédrale, les applaudissements ont couverts les cris des protestataires, en faveur de l’abolition de la monarchie. Le public massé devant le perron a pu admirer toute la pompe britannique avec les régiments aux uniformes chamarrés, les notables, juges et autres représentants des institutions sous le ciel bleu d’une nation que le Roi, comme sa mère, a appris à amer passionnément. La cérémonie marquait assurément l’apogée de la semaine écossaise des souverains qui, la veille, avait donné une garden-party, mais sous la pluie cette fois !

Les diadèmes d’Amalia

Chroniques royales

Dans une biographie écrite par Claudia de Breij en 2021, Catarina-Amalia s’est ainsi confiée : « J’adore les diadèmes…Montrez-moi un diadème, et je sais d’où il vient. Je reconnais tous les diadèmes d’Europe. » Elle a alors ajouté : « Je les portais, ceux de ma mère. Il y en avait un sur sa coiffeuse, et puis je l’ai mis directement sur ma tête » et une photo inédite confirmait cette passion naissante alors que la fille aînée des souverains néerlandais n’avait que huit ans ! Et si les jeunes filles ont coutume de se parer de bijoux en strass pour devenir princesse d’un jour, Amalia, elle, pouvait admirer les plus belles parures versées au fil des ans par les reines successives à l’un des plus précieux ensembles au monde. Toutefois, afin de respecter les us et coutumes, elle a dû attendre de fêter ses 18 ans pour coiffer un diadème en public de façon on ne peut plus officielle. Et pour cette première, elle a choisi celui que sa mère, la reine Maxima, avait arboré le jour de son mariage.

Wael Shawky Drama 1882

Arts & Culture

Wael Shawky revisite la révolte d’Urabi dans Drama 1882, une œuvre filmique et musicale où l’histoire coloniale devient mémoire chantée, portée par un chœur en arabe classique et une narration sensorielle.

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Du 04/03/2026 au 29/06/2026

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