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Juan-Carlos, infection au ‘Corinnavirus’ !

News Gotha

Christophe Vachaudez

10 April 2020

© DR

Avant que les manchettes de la presse espagnole ne soient pleinement consacrées à la catastrophe sanitaire qui frappe le pays de plein fouet, certains journalistes s’étaient essayés à un jeu de mots pour le moins percutant, en parlant de l’ancienne maîtresse royale comme du Corinnavirus, celle par qui les scandales arrivent.

Femme d’affaires brillante pour les uns, intrigante particulièrement douée pour les autres, Corinna de Sayn qui conserve précieusement un titre princier de courtoisie, semble vouloir déposer plainte contre le roi Juan-Carlos pour intimidation et harcèlement. Autrefois intime de Bill Clinton ou du prince Charles, cette danoise de 56 ans que son premier mari, Philippe Adkins, un chef d’entreprise britannique, qualifie de sociopathe narcissique, s’est empressée de convoler une seconde fois après son divorce avec un prince de douze ans son cadet, le prince Casimir de Sayn-Wittgenstein-Sayn. Ils auront un fils mais le couple divorce en 2005 au grand soulagement de l’illustre maison allemande.

Portrait de Corinna Sayn, maîtresse du roi Juan-Carlos d'Espagne
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Elle aurait rencontré Juan-Carlos en 2004 lors d’une chasse en Allemagne. Le souverain qui, à l’époque, est toujours sur le trône vit séparé de son épouse Sophie qui préfère désormais les brumes londoniennes à la canicule madrilène. De rencontres en rencontres, l’histoire chemine et Corinna devient la tendre amie. Elle accompagne le souverain lors des missions économiques et conseille, travaillant main dans la main avec le gouvernement. Elle trouve même une position au gendre du roi, Iñaki Urdangarin, au sein de la fondation sportive Laureus. En 2009, elle s’installe non loin de la Zarzuela, dans une villa restaurée à grands frais. Juan Carlos peut ainsi rejoindre en quelques minutes La Angorilla et bientôt, Corinna se voit confier la gestion du patrimoine royal.

Le roi Juan-Carlos d'Espagne avec des représentants d'Arabie saoudite
© DR

Voilà qui tombe plutôt bien puisque le monarque a reçu en 2008 près de cent millions versés par l’Arabie Saoudite sur un compte de la banque suisse Mirabaud. Le juge anti-corruption qui étudie le dossier apprend que la somme est liée à la construction d’une ligne de train à grande vitesse entre Médine et La Mecque. Ce qui ne laisse pas d’intriguer sont les 65 millions reçus en cadeau par Corinna et placés dans une fondation off-shore, aux Bahamas, baptisée Lucum.

Le 5 mars 2019, le roi Felipe reçoit un courrier du bureau d’avocats londoniens Kovre & Kim l’informant que lui et la princesse Leonor sont les héritiers de la fondation en cas de décès de Juan-Carlos. Trois semaines plus tard, un acte notarié est établi à la demande du chef d’état qui confirme ignorer l’existence de la dite fondation et refuser d’en être le bénéficiaire. C’est dans le cadre de l’enquête qui risque d’être diligentée que Felipe, lors d’un communiqué officiel, a réaffirmé en mars 2020 vouloir être exclu de l’héritage paternel.

Le roi Felipe VI d'Espagne essaie d'éviter d'être mouillé aux scandales de son père, le roi Juan-Carlos
© Agence/Bestimage/Photo News

En outre, à titre d’exemple, il retire la rente annuelle de 195.000 allouée au souverain émérite depuis son abdication ! Un geste fort qui rappelle aux observateurs que la passation de pouvoir de 2014 résultait elle aussi d’un scandale quand le roi Juan-Carlos s’était cassé la hanche alors qu’il chassait au Bostwana en compagnie de Corinna !

Décidément, la femme d’affaires est partout et cela avait passablement dérangé les Espagnols aux mœurs pourtant tolérantes. Par contre, on ne badine pas avec les deniers du contribuable. Pourtant, malgré ses tentatives, l’opposition n’a pu obtenir d’enquêtes parlementaires et Juan-Carlos s’en tire encore une fois… le barrage sanitaire a fonctionné, à tort ou à raison, protégeant in extremis l’institution millénaire d’un nouvel esclandre ! Mais une suite n’est pas à exclure. Qui vivra verra !

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Un anniversaire qui compte

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C’est en présence du couple princier et de nombreux invités de marque tels que Monica Bellucci, Richard Gere, Isabelle Huppert, Eva Herzigova, Caroline Scheufele, présidente de Chopard, ou encore Plácido Domingo que la Fondation Prince Albert II de Monaco a célébré ses vingt ans d’existence. Une prestigieuse soirée de gala organisée à la Salle Garnier de l’Opéra de Monte-Carlo a fêté dignement cet anniversaire, une occasion de mettre en lumière le travail accompli par la Fondation au fil des années et de rendre hommage à l’engagement de longue date du souverain en faveur de la protection de l’environnement.

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