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Thomas de Bergeyck

02 August 2023

Offrande : un mot éminemment catholique, à l’image de ce souverain, profondément pieux, qui participait encore, le jour même de sa mort, à une “chaine de prière” dans la chapelle de sa maison pour la santé d’un proche de la famille de la reine Fabiola qui était en souffrance. Ils étaient plusieurs à se relayer pour une prière continue de 24 heures. Le roi Baudouin avait hérité du créneau 9h-10h. « Je suis sec et fatigué », écrivait-il dans son petit journal. Une confidence que l’on peut retrouver dans l’ouvrage-testament du cardinal Suenens, réédité il y a quelques semaines.

Le roi Baudouin et la reine Fabiola de Belgique défilent à l'occasion de la fête nationale belge

© Photo News

Oui, Baudouin était “sacrément” croyant. Nul besoin de dresser ici l’étendue de sa foi, qui fut son moteur durant les 63 années de sa vie. Mais, 3 décennies après sa disparition, le débat sur sa sainteté est toujours aussi ardent que le buisson de la Bible. Baudouin Premier n’est-il pas le candidat idéal ? Ne mérite-t-il pas, à l’image de Mère Térésa, du Père Damien ou du dernier empereur d’Autriche, d’accéder au privilège céleste ?

Le roi Baudouin de Belgique réconforte un de ses concitoyens

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Il y a des signes qui ne trompent pas. Le cardinal Danneels, le jour des funérailles du Roi, n’avait-il pas déjà parlé de Baudouin comme d’un ange qui veille sur (le peuple) après sa mort ? Vingt ans plus tard, il évoquait Baudouin, un roi qui était plus qu’un roi : un berger pour son peuple.  Souvenez-vous de la surprise qu’avait réservée le pape Jean-Paul II lorsqu’en 1995, en visite à Bruxelles, il avait demandé à pouvoir se recueillir sur la tombe du souverain dans la crypte de Laeken, en présence de sa veuve la reine Fabiola. Et l’homélie du pape, ensuite, faisant référence par trois fois à Baudouin en le qualifiant de serviteur très pieux du Christ. Le souverain pontife y croyait : pour lui, notre Roi était bien un “Saint en puissance”. De là à le faire Santo subito, Saint tout de suite comme le scandaient les fidèles de Jean-Paul II durant son agonie, il y a un pas de géant qui n’est pas encore amorcé. D’ailleurs, aucune cause officielle en béatification n’est lancée. Pour y parvenir il faut, outre une vie d’exemple, ouvrir une enquête et recenser une série significative d’apparitions et de miracles, reconnus par un bureau à Rome, la Congrégation des Causes des Saints. On est d’abord “vénérable”, ensuite “bienheureux” si une guérison est reconnue. Et puis, deux miracles sont nécessaires pour être canonisé.

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En l’occurrence, pour gonfler la liste des miracles attribués au roi Baudouin, des fidèles ont lancé des pages Facebook ou web. Un certain Francis explique, par exemple, avoir été guéri de son bégaiement pour toujours après avoir répondu à une question du souverain au cours d’une visite royale. Ils sont plusieurs à expliquer que l’esprit du Roi les aide à vivre et à surmonter les épreuves. Ces blessés de la vie convoquent l’image de Baudouin comme ils le feraient de Sainte-Rita ou Saint-Benoît. Ces témoignages seront-ils suffisants pour entamer le périple qui mènera Baudouin à la sainteté ? Pas certain. Nombreux sont les détracteurs qui rappelleront les failles du règne : le dossier Lumumba ou l’affaire de la loi sur l’avortement. C’est un véritable chemin de croix qui s’amorce pour les fidèles de ce roi qui aurait eu 93 ans, le 7 septembre prochain.

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