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Martin Boonen

08 April 2023

La guerre en Ukraine est un drame humain et géopolitique indéniable, mais elle a eu le mérite de mettre en lumière notre dépendance énergétique envers des pays à la fiabilité et à la loyauté douteuse. Cette situation fait également écho à la difficulté et aux limites du  déploiement massif des solutions énergétiques renouvelables. Dans cette équation, que faire alors du nucléaire, dont la Belgique a pourtant juré de se débarrasser il y a déjà une éternité… sans jamais y parvenir ? Cette  réflexion, voilà déjà deux ans qu’elle mûrit dans l’esprit de Mathieu de Lophem et de son beau-frère Guerric de Crombrugghe. Le premier est investisseur et entrepreneur (ex-general  manager de Deliveroo Benelux, ex-CEO de Skipr) avec un passé de banquier d’affaire, le second est docteur en ingénierie aéronautique, passé par OHB et la Sabca, avant de devenir CEO de ScanWorld. À deux, ils se demandent : “Au lieu de sortir du nucléaire, ne serait-il pas temps de le financer ?”. En s’associant avec Amaury de Hults, ancien membre de l’équipe d’investissement en infrastructures énergétiques chez  Engie, puis de différents fonds d’investissement, ce qui était une boutade de fin de dîner devient une ambition bien réelle, portée par un fonds d’investissement : Nuketech.

La solution plus que le problème ?

Mais pourquoi investir dans une énergie si décriée ? “En Belgique, la sortie du nucléaire est un projet politique, pas pragmatique, contextualise Mathieu de Lophem. Si on  regarde ce qui se passe à l’étranger, à l’exception d’une minorité de pays dont  l’Allemagne, très radicale sur la question, les opinions sont beaucoup, beaucoup plus nuancées sur ces enjeux.

Un fonds d'investissement de 50 millions d'euros consacré aux start-ups du nucléaire, c'est le pari de Nuketech lancé par (de gauche à droite) Amaury de Hults, Guerric de Crombrugghe et Mathieu de Lophem © Nuketech

C’est que, malgré tous les défauts qu’on lui prête, le nucléaire ne manque pas d’atouts : faiblement carbonée (c’est la source d’énergie qui produit le moins de CO2 au kilowattheure, sur l’ensemble du cycle de vie), c’est une énergie pilotable, au contraire des  intermittentes énergies renouvelables. “Nous consommons actuellement 84 % d’énergies fossiles. Il faut absolument continuer à investir et développer les énergies renouvelables, c’est indispensable. Force est de constater pourtant qu’elles n’ont, jusqu’à présent, per-mis que de compenser l’augmentation de notre consommation énergétique, pas de la réduire, constate Mathieu de Lophem. Si l’on parvient à gommer ses défauts, le nucléaire peut avoir une place de choix dans le mix énergétique du futur.

Coût de l’infrastructure, gestion des déchets, sécurité… Nuketech s’apprête à lever 50 millions d’euros pour soutenir le développement de start-up qui transformeront le nucléaire en une énergie de plus en plus verte et  durable. “Le nucléaire vient d’entrer dans la taxonomie verte européenne (classification des activités économiques ayant un impact favorable sur l’environnement, NDLR). C’est un signe fort que l’Europe croit en la durabilité du nucléaire. Nuketech va accompagner, développer et renforcer cet élan.” Le sens du vent semble désormais tourner vers une prolongation générale du nucléaire. Et si,  finalement, il ne faisait pas partie du problème mais de la solution ?

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