Rédaction Eventail
14 April 2026
Spécialiste des interventions in situ, il transforme bois et mobilier en architectures éphémères qui interrogent notre perception de l’espace et du temps. Chaque création ouvre des perspectives inédites et invite à contempler la fragilité du vivant comme la délicatesse des lieux.
Depuis sa fondation, la Maison Ruinart entretient un compagnonnage étroit avec l’art, convaincue que les artistes savent révéler ce que nos sens seuls ne perçoivent pas toujours. “Nous repérons des artistes lors de nos visites dans les expositions, les galeries, les biennales, les foires à l’international et constituons des listes, détaille Fabien Vallérian, directeur international Arts & Culture. Ensuite, en fonction des thèmes de prédilection des artistes, de leurs matériaux ou de leurs savoir-faire, le choix va pencher vers l’un ou l’autre des univers créatifs. Tout repose sur la résidence artistique au cours de laquelle l’artiste et Ruinart vont se découvrir mutuellement et dialoguer. L’artiste proposera des créations spécifiques, qui intègrent souvent des références à la Champagne, et ses œuvres parleront de cette rencontre entre une vision et un territoire. Il y a cette idée d’enracinement, mais c’est un enracinement dynamique avec des intuitions créatives venant de tous les continents. En ce qui concerne les créations de Tadashi Kawamata (né en 1953 sur l’île d’Hokkaidō, au Japon), elles évoquent les cycles de la nature et la fragilité du monde qui nous entoure. C’est une forme d’écoute, mais aussi de dialogue avec les éléments et les formes du vivant qui nous rappelle les projets au long cours de vitiforesterie (plantation d’arbres au sein des parcelles – ndlr) de la Maison Ruinart favorisant la biodiversité dans les vignobles. Le bois, matériau simple et naturel, réutilisé de nombreuses fois dans ses projets, renforce le parallèle avec l’activité des vignerons qui chaque jour œuvrent à magnifier le fruit de la vigne. C’est un travail artisanal qui nécessite patience et volonté. Notre engagement sur les questions écologiques est de cet ordre-là : un travail en profondeur et dans la durée.”
Les installations à Reims prolongent cette attention portée au terroir et aux cycles naturels. “Le changement climatique est un déf pour les vignerons, souligne Caroline Fiot, chef de caves pour la plus ancienne maison de champagne. Pour Ruinart, c’est aussi l’opportunité d’approfondir notre compréhension et d’adapter nos pratiques afin de mettre en valeur la singularité du terroir champenois.” Sensibles aux éléments et aux variations climatiques, les œuvres artistiques invitent à observer la vigne et le paysage autrement, comme un prolongement attentif du travail du chardonnay et de l’engagement quotidien des équipes de la Maison.
À Paris, une œuvre demeure accrochée au sommet d’une colonne extérieure du Palais de Tokyo jusqu’en septembre, invitant le regard à s’élever et offrant un prélude discret aux installations prévues à Reims. Le travail de l’artiste se poursuit sur les foires d’art et en galeries, où miniatures, croquis et maquettes révèlent l’intimité du processus créatif et la manière dont l’échelle transforme notre perception. Pendant Art Brussels, Ruinart donnera à découvrir une installation de Kawamata qui poursuit ce dialogue entre miniature et monument, invitant le public à ressentir pleinement la perspective et la fragilité de ses œuvres.
Fondée en 1729, la Maison Ruinart conjugue rigueur, innovation et recherche, célébrant le champagne et préservant l’identité unique de son terroir. Art et vin se répondent, chacun révélant la subtilité et la profondeur de l’autre. Ruinart inscrit son action dans une démarche durable, ajustant ses pratiques pour protéger la biodiversité et valoriser le terroir. Suspendues entre le bois, la lumière et le temps, les créations de Tadashi Kawamata offrent au visiteur un moment rare, un souffle où la fragilité du vivant se fait beauté et où l’attention portée aux choses simples révèle l’émerveillement du monde.
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