Pour vous offrir une meilleure expérience, notre site utilise des cookies. Pour continuer à naviguer, vous devez accepter notre politique de cookies

J'accepte

Informations des cookies

Notre site utilise des outils, tels que des cookies, pour analyser et améliorer votre expérience. Vous pouvez vous désinscrire de ces suivis:

Statistique

Nous utilisons des outils, tels que Google Analytics, pour suivre le trafic Web et vérifier l'efficacité de notre site.

Essentiel

Cookies requis pour les services essentiels et les fonctionnalités telles que les formulaires de connexion, l'intégration du panier et le contrôle d'accès. Sans eux, notre site Web ne peut pas fonctionner correctement et nous ne pouvons fournir aucun service. La désactivation n'est pas disponible.

Ces paramètres seront conservés pendant 24h

Erreur
  • JUser::_load : impossible de charger l'utilisateur ayant l'ID 781
A+ A A-

Histoire de la monarchie en Thaïlande

  • Rédigé par
0 avis
Sharing on Facebook
Histoire de la monarchie en Thaïlande DR

Monarchie depuis des temps immémoriaux, la Thaïlande, l'antique Siam, a connu deux dynasties majeures, celle des Ayutthayas, entre 1350 et 1767 et, depuis 1782, celle des Chakris, toujours en place. Depuis la mort du roi Bhumibol, la vacance provisoire du trône inquiètent fortement la population.

Le faste royal siamois a occupé des siècles durant une place particulière dans l'imaginaire collectif. Pour les Européens, tout semble avoir commencé à la cour de Louis XIV. De fait, en 1680, la France qui a obtenu le monopole du commerce des épices au Siam, entame des contacts diplomatiques et si une première initiative, en 1681, s'avère infructueuse, une seconde ambassade qui rallie la France en 1684, reçoit un accueil fastueux de Louis XIV. Les représentants de ce royaume de tradition bouddhiste qui fascine les Occidentaux par sa tolérance envers les autres religions et le raffinement de sa culture relaient la voix du roi Phra Naraï qui recherche un appui en Occident. De son côté, la France est trop heureuse de pouvoir damer le pion aux hollandais qui possèdent déjà des comptoirs dans cette lointaine contrée, puissance majeure de l'Asie entre l'Inde et la Chine. Une mission diplomatique française de 300 chevaliers se rend ainsi au Siam en 1685 où on sort les longues embarcations royales en bois doré sur le fleuve sacré. Le 18 juin 1686, trois ambassadeurs, accompagnés de huit mandarins et de vingt domestiques, retournent la politesse et accostent dans la rade de Brest. Le cortège exotique véhicule une missive du souverain siamois. Écrite sur une lame d'or, on l'a enfermée dans trois boîtes (la première en bois vernissé, la deuxième en argent et la troisième en or) qui devaient toujours être placées en hauteur, par-dessus les émissaires, en signe de respect. Le grand jour, les ambassadeurs avaient coiffé des bonnets pyramidaux de mousseline noire retenus sur le front par des cercles d'or laissant échapper des plumes et des bouquets mêlant rubis, fleurs et feuilles d'or frémissantes. Au sommet de ces coiffes singulières, est perchée une réplique de la couronne siamoise. Dans la galerie des glaces resplendit un mobilier composé de torchères, de guéridons, de cassolettes, de sièges, de tables et de vases d'argent. Au son des trompettes et des tambours de la Chambre du Roi, les dignitaires, brandissant parasols et hauts bâtons enrubannés, escortent un char en bois doré accueillant la lettre sacrée. Quel spectacle ce fut ! Malheureusement, le souverain siamois sera renversé en 1688 par un tyran du nom de Pitracha qui fermera durablement le pays aux Occidentaux, à l'exception des Hollandais. Au final...beaucoup de bruit pour rien !

 

 
 DR

 

L'Empereur Napoléon III et la reine Victoria

Ces ambassades hautes en couleurs animeront bien plus tard les cours de Napoléon III et de la reine Victoria. L'empereur des Français recevra les émissaires royaux qui, à plat ventre, s'avancent à l'aide de leurs genoux et de leurs coudes dans la salle du trône du palais de Fontainebleau le 21 juin 1861. Certains des cadeaux échangés sont toujours exposés au musée du château. Le cortège gagne Londres en novembre où il est accueilli par la souveraine britannique qui se voit offrir une réplique de la haute couronne des rois du Siam. L'originale, toujours utilisée, est préservée dans l'enceinte du palais royal. Elle affecte la forme d'un cône effilé qui se termine en spirale. Elle pèse 7,3 kg d'or et fut exécutée pour le premier roi de la dynastie Chakri à la fin du XVIIIe siècle. D'ailleurs, depuis cette époque, le rite du couronnement n'a point changé. Pour se ménager la clémence de Bouddha, le souverain doit s'immerger dans un bain purificateur avant d'être oint d'une eau composée des cinq grandes rivières du royaume, des quatre lacs sacrés du Subarna et des 17 provinces. Le grand parasol blanc d'Etat à sept niveaux abrite un trône octogonal, en bois de figuier sur lequel le souverain prendra place. Quand il a accepté la tablette d'or et la grande couronne de la Victoire, on rajoute deux niveaux au parasol afin de symboliser la pleine souveraineté. Aux côtés du Roi, l'épée d'État qui proviendrait du trésor du roi Ketu Mala du Cambodge appartînt au roi Rama Ier. Parmi les autres instruments du couronnement, on trouve un éventail, une canne, un chasse-mouches en poil de yack, un autre en poils de queue d'éléphants blancs, une guirlande de brahmane, une guirlande en brillants, des pantoufles constellées de pierres précieuses, la guirlande aux neuf gemmes, l'épée personnelle du souverain, de la vaisselle pour les libations, les huit armes de la souveraineté et une bague anneau de neuf pierres dont un diamant de trente carats. Un édifice dans l'enceinte du palais royal conserve ce trésor des mille et une nuits. Il n'est pas étonnant que le palais ait été entouré à la même époque d'un mur d'enceinte. Le nouveau souverain souhaitait protéger sa résidence et mettre ses joyaux à l'abri.

Le palais royal

De nos jours, le complexe des résidences royales s'étend sur une surface de 218.400 mètres carrés. Impossible de décrire tous les bâtiments qui résument par leur architecture composite deux siècles de l'histoire siamoise. Ici, point de symétrie mais une cohabitation de constructions discrètes et de grands édifices dont les murs nus, éclatants de blancheur, contrastent avec les portails richement ornés de dorures et de céramiques multicolores. On assiste à une rencontre pacifique entre l'Orient et l'Occident car sous d'imposantes toitures typiquement orientales, le franc métissage culturel laisse songeur. Le Duhsit Maha Prasad au toit à cinq niveaux superposés qui accueillait les cérémonies officielles voisine le Maha Montien, résidence de Rama III, le jardin Sivalaya avec en son centre la chapelle du bouddha de cristal encerclée par les appartements privés de la famille royale, l'enclos aux éléphants blancs, et le palais Chakri, un édifice néo-renaissance coiffé d'un toit thaï, élevé en 1882 sur ordre du roi Chulalongkorn. Non loin, le Wat Phra Keo ou temple du Bouddha d'émeraude, fut construit en 1785 afin d'abriter une précieuse et ancienne statue en jaspe vert. Deux démons hauts de six mètres, avec massues et dents acérées, flanquent l'entrée des temples. Sur le côté du Wat Phra Keo, huit prangs symbolisent les huit planètes de la cosmographie bouddhiste tandis que des chedi, des constructions pleines dérivées des stupas indiens, figurent la colline Mahameru, montagne sacrée de l'hindouisme. Aux extrémités relevées des toits, des volutes flammées évoquent le Naga, un serpent mythique qui protégea Bouddha lors des sept jours et sept nuits durant lesquelles la pluie submergea la terre. Alors que huit cippes délimitent l'enceinte du temple principal, on observe des frise de garuda, oiseaux mythiques dont le Dieu Vishnu se sert comme monture, mais aussi des statues de nymphes et d'anges gardiens et des clochettes qui frangent les toits et tintinnabulent sans discontinuer pour chasser les mauvais esprits, un rôle relayé par des bouddhas dont les mains, la paume vers l'extérieur, repoussent la peur. Plus loin, on distingue le Prasad Phra Thepbidorn, un panthéon aux colonnes à chapiteaux sommé d'un Prang jaune de style cambodgien. Au hasard du palais, des bouddhas d'inspiration javanaise, des lions cinghalais ou chinois, confirment le métissage artistique. Le roi Bhumibol Adulyadej Rama IX, neuvième souverain de la dynastie des Chakri, Gardien des 24 parasols d'Or, incarnation de Bouddha sur terre, réside dans l'enceinte du palais, cerné de gardes en uniformes roses et rouges et bonnets en poil d'ours d'inspiration anglaise. Il perpétue cette longue lignée de monarques qui gouvernent le Siam depuis des siècles. Si les bonzes ne doivent pas s'incliner devant lui, les dignitaires se prosternent faces contre terre, clamant 'Nous ne sommes que poussières sous vos pieds'. Quant au peuple, il voue au souverain une reconnaissance et une vénération sans bornes pour la part active qu'il a prise dans la bonne gouvernance du pays. En effet, même si selon la Constitution de 1932 qui a aboli la monarchie absolue, il ne fait qu'entériner les lois et y apposer son sceau, il joue un rôle essentiel de médiateur qui lui a permis de contrer 17 putschs militaires en 60 ans de règne.

 

 
 DR

 

Un roi amateur de jazz

Le respect de ses sujets, il l'a gagné en menant à bien plus de 1800 projets de développement, en collaboration avec des ingénieurs, des banquiers, des médecins et des scientifiques qui le conseillent quotidiennement. Il a interdit la culture du pavot, développé d'importants programmes d'irrigation et met tout en œuvre pour lutter contre l'analphabétisme et les trafiquants de drogue du Triangle d'Or. Le souverain est aussi un fin amateur de jazz qui peut manier aussi bien le trombone, que la guitare et la clarinette, composer des chansons ou de marches militaires, jouer en famille ou avec Louis Amstrong et de Benny Goodman. Photographe renommé, il ne craint pas d'utiliser son appareil du haut de son trône. Ce petit-fils de Rama V, monarque réformiste et progressiste, a pour parents le prince et la princesse Mahidol de Songkla. Curieusement, il nait à Cambridge, dans le Massachussets, le 5 décembre 1927. Á deux ans, il perd son père et sa famille s'installe en Suisse. Cadet, il étudie la chimie puis, en 1946, à la mort de son frère le roi Anada Mahidol, il monte sur le trône alors qu'il étudie encore le droit et les sciences politiques. Le 28 avril 1950, le jour de la pleine Lune du Cinquième mois de l'année du Tigre selon le calendrier lunaire, il s'unit à Mom Rajawongse Sirikit, une princesse qu'il a connue en France alors que le père de la jeune fille y est ambassadeur du Siam. Le couple aura trois filles, Ubol Ratana, Sirindhorn et Chulabhorn, et un fils, Vajiralongkorn. La Reine qui a étudié en France, en Grande-Bretagne et en Suisse aurait pu devenir une pianiste de haut niveau mais le destin en a décidé autrement. Aujourd'hui, elle seconde le Roi et lutte activement contre la déforestation. Les forêts qui couvraient 60% du territoire en 1960 n'en occupent plus que 20% depuis les années nonante ! Présidente de la Croix Rouge, elle a aussi créé une Fondation chargée d'aider les familles qui ne peuvent joindre les deux bouts entre les deux cultures de riz successives de l'année. En 2007, le Roi a fêté ses 80 ans entouré de l'affection de son peuple et des représentants de toute les cours d'Europe. Neuf ans plus tard, le souverain s'est éteint, provoquant une onde de choc dans tout le pays. Les Thaïlandais ont perdu leur Roi, un dieu-vivant qui peine à trouver un successeur, de quoi augmenter la crainte de tout un peuple.

 

Rédigé par