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Fouad II, le dernier roi d'Egypte

  • Rédigé par Christophe Vachaudez
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S.M. Fouad II d'Egypte S.M. Fouad II d'Egypte © Nicolas Lieber

Peu soupçonnent que les coteaux du village viticole de Bursins accueillent la résidence du dernier roi d'Egypte. Pourtant, c'est bien ici, à quelques kilomètres de Genève, que réside dans la plus grande discrétion Sa Majesté Fouad II, un souverain qui régna de façon éphémère sous la tutelle d'un conseil de régence, entre 1952 et 1953. Personnalité attachante, cet homme intègre et modeste est le fils unique du roi Farouk auquel il succéda, à peine âgé d'un an. Au fil d'une interview qu'il a accordé à l'Eventail, Fouad II est revenu sur sa vie, se souvenant de nombreuses anecdotes et d'épisodes historiques qui ont marqué le destin de la famille royale égyptienne.

 

Le roi Farouk et son fils Fouad © Droits réservés


L'Eventail - Majesté, la presse a dressé un portrait plutôt négatif du roi Farouk mais quel père était-il ?
S.M. Fouad II - Je pense que mon père a été traité très injustement. Les journalistes se sont acharnés sur sa vie privée, inventant et colportant bien des mensonges. Jamais, ils ne se sont intéressés à ce qu'il a réalisé tout au long de son règne. Contrairement à ce qui était dit, mon père avait du succès auprès des femmes mais ce n'est certes pas le plus important. Il était quelqu'un de très généreux et d'une extrême gentillesse. Même si mes soeurs et moi ne le voyions pas souvent, il a été un père merveilleux et attentif pour nous, très aimant, tentant de nous préserver des malheurs de la vie. Sous son règne, l'Egypte était l'état le plus puissant du monde arabe. D'ailleurs, la ligue arabe, revendiquée plus tard par Nasser fut fondée sous les auspices du roi Farouk, dans une tentative de rapprochement des états sous occupation et les autres, déjà indépendants. La royauté fut une période très prospère pour l'Egypte avec nombre de médecins, d'ingénieurs ou d'artistes sortant des grandes écoles. Il s'agissait sous un certain angle d'un régime démocratique. Quand le roi Fouad Ier décida d'instaurer une constitution, il s'inspira ouvertement de la constitution belge. Toutes les communautés vivaient en harmonie, qu'il s'agisse des communautés coptes, libanaise ou juive.


- Que s'est-il passé après la chute de la monarchie ?
- Après le coup d'état, Nasser a instauré un régime policier et dictatorial basé sur des idéologies communistes et socialistes qui n'étaient pas adaptées à la situation égyptienne et la crise du canal de Suez n'a rien arrangé! Mon père a préféré abdiquer en ma faveur plutôt que de participer à l'instabilité du pays, afin aussi de ne pas faire couler du sang égyptien. Il a pris place à bord du yacht royal et a rejoint l'Italie, n'emportant que le strict minimum. Ce qui est important de spécifier, c'est qu'il n'y a pas eu de consultation populaire et que cette révolution ne fut pas provoquée par les égyptiens mais bien par un groupe d'officiers aux ordres de Nasser. Ce dernier a choisi de se rapprocher de l'ancienne U.R.S.S. avec comme modèle l'Allemagne de l'Est.

 

© Nicolas Lieber 


- Pour vous commençait l'exil. Comment l'avez-vous vécu ?
- Mes soeurs et moi avons d'abord vécu en Italie avant d'être installés en Suisse par notre père qui souhaitait que nous soyons au calme. Lui, par contre, continua de vivre à Rome. Il mourut à 45 ans dans des circonstances assez troublantes. C'est sur l'insistance du roi Fayçal que Nasser accepta de mauvaise grâce de l'enterrer en Egypte. Nasser le fit inhumer de nuit en secret, ce qui est contraire à la tradition musulmane. Il fallut attendre le Président Sadate pour que le corps soit transporté dans le caveau familial.


- Quel a été votre parcours ?
- J'ai ensuite étudié au célèbre collège du Rosey pendant cinq ans. Fréquenté par les familles royales, le roi Baudouin y a étudié je crois, il n'y avait pourtant personne de célèbre dans mon année. Par contre, quand nous faisons une réunion d'anciens, ce sont des gens du monde entier qui se retrouvent avec plaisir. J'ai ensuite passé mon baccalauréat et puis je suis allé à l'Université de Genève. Plus tard, je me suis orienté vers l'immobilier et je me suis marié en 1976. Mon divorce fut très pénible et je me suis longtemps battu pour revoir mes enfants mais maintenant, les choses évoluent de façon positive. J'ai deux fils, le prince Mohammed Ali qui a fait des études techniques et travaille dans une société immobilière et le prince Fakhreldin, étudiant en droit. Ma fille, Fawzia Latifa a intégré une agence de publicité. J'aimerais beaucoup qu'ils connaissent leur pays, leur apprendre son histoire.

 

Le roi Fouad II entouré de sa fille Fawzia Latifa et son époux (à gauche) et de ses fils Mohammed Ali et Fakhreldin, accompagné de sa fiançée © Nicolas Lieber


- Êtes-vous resté attentif à la situation en Egypte ?
- Oui, bien entendu. Je suis depuis toujours l'évolution de la situation dans mon pays et en 1974, j'ai salué la grande victoire de l'armée et la prise de pouvoir d'Anouar el Sadate. Il était quelqu'un de très humain et sa façon de gouverner fut particulièrement bénéfique pour l'Egypte. C'est lui qui choisit de se rapprocher de l'Occident. Malheureusement, il est mort trop tôt et je n'ai pas eu l'occasion de le rencontrer. Il nous avait rendu notre nationalité égyptienne. Je n'ai jamais croisé le président Moubarak et encore moins Nasser qui était quelqu'un de haineux. D'ailleurs, il n'y a jamais eu de démarches dans ce sens.

 

 

Rédigé par Christophe Vachaudez

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